Covid-19 : Vers un apaisement de la situation dans les transports urbains ?

Publié le 20/03/2020

Dans le cadre de leurs plans de continuité d'activité, les entreprises de transports urbains sont également soumises à des obligations de service public. Le point avec Eric Hugon, secrétaire général du syndicat national CFDT des transports urbains.

Covid WebPartout les salariés qui continuent de travailler au contact du public réclament plus de protections. Comment ça se passe pour les conducteurs de bus ?

Dans notre secteur, la situation semble enfin sous contrôle. Mais cela est allé plus ou moins vite selon les régions et les entreprises. Dans l’Oise, l’un des tous premiers foyers infectieux de l’Hexagone, les salariés ont immédiatement fait valoir leur droit de retrait après l’apparition des premiers cas de contamination de conducteurs. Des coupures d’une heure ou deux ont suffi pour que l’autorité organisatrice du transport et la préfecture mettent rapidement en place des mesures protectrices. Ailleurs la prise de conscience a été plus tardive.

Quelles sont les mesures ont mises en œuvre ?

Les salariés qui travaillaient dans l’entourage des premiers malades ont été placés en quarantaine. Des gestes barrières ont été mis en place : les usagers montent au milieu ou à l’arrière des bus, la vente des billets auprès du conducteur est supprimée et un périmètre de sécurité est physiquement matérialisé pour que les personnes restent distancées du chauffeur. Il n’y ni masques ni gants mais l’entreprise doit fournir un kit de désinfection pour que les conducteurs nettoient leur cabine avant leur prise de poste. Le matériel est maintenant désinfecté entièrement chaque jour, même si les produits réellement efficaces (capables de détruire les virus et non pas seulement les bactéries) commencent seulement à arriver.

Néanmoins, la situation s’autorégule : avec la fermeture des écoles, puis les mesures de confinement, seules les personnes obligées de prendre les transports en commun pour travailler montent à bord et elles sont peu nombreuses depuis lundi midi. Entre le personnel confiné pour cause de garde d’enfants et le passage à un trafic réduit, on arrive à maintenir un flux compris cette semaine entre 40 et 80% des bus selon les territoires.

Quelles sont les autres inquiétudes, hors possible contagion ?

C’est la rémunération des personnes en chômage partiel qui pose problème. Nous avons pu négocier le maintien de la totalité du salaire dans certaines entreprises. A partir de la publication du décret ce jour, il sera difficile d’obtenir plus que 70% du brut. Mais nous allons tout faire pour que les salariés soient lésés le moins possible, surtout ceux qui ont des contrats à temps partiel, cas fréquent dans le transport urbain.

Propos recueillis par cnillus@cfdt.fr

photo Réa