Covid-19 : Primes et aides exceptionnelles… le détail des nouvelles mesures sociales du plan d’urgence

Publié le 16/04/2020

Deux jours après l’intervention du chef de l’Etat du 13 avril, le gouvernement a détaillé les modalités et la modulation des primes adressées aux agents mobilisés ainsi que de l’aide exceptionnelle de solidarité dont bénéficieront les 4 millions de ménages les plus modestes. Les organisations syndicales, comme les associations, sont partagées.

Covid WebLors de son déplacement à Mulhouse le 25 mars dernier, le chef de l’Etat avait promis une réponse de court terme pour les personnels soignants et l’ensemble des fonctionnaires mobilisés. Trois semaines plus tard, le Premier ministre a détaillé les contours de cette gratification : une prime nette de 1500€ pour les personnels hospitaliers des départements les plus touchés et ceux des établissements d’autres régions ayant accueillis des patients Covid-19. Les autres recevront une prime de 500€. En outre, tous verront leurs heures supplémentaires majorées de 50%, « ce qui représente en moyenne 600€ par agent, » a précisé le ministre de la Santé.
De leur côté, les agents de l’Etat mobilisés percevront à la fin de l’Etat d’urgence sanitaire une prime nette de 1000€, le gouvernement laissant à la discrétion des collectivités le choix de distribuer une prime similaire aux agents territoriaux.

Ces mesures, inclues dans le plan d’urgence, doivent encore être soumises au vote des parlementaires, les 17 et 21 avril prochains. Mais déjà, l’absence de régime de traitement unique passe mal du côté syndical, la CFDT Fonctions publique pointant « le risque de déceptions voire de rancœurs que pourrait provoquer une telle distinction ». Mylène Jacquot précise en outre que 40 à 50% des agents publics sont actuellement sur le pont, en présentiel comme en télétravail. « Ce qui signifie que la moitié d’entre eux ne sera pas récompensée. ». Après des années de gel de leur point d’indice, les fonctionnaires et leurs représentants attendaient un geste fort. « Une fois encore, on est très loin des annonces du président de la République ».

Une aide exceptionnelle de solidarité

L’autre promesse du chef de l’Etat visait les foyers les plus modestes, dont le risque de voir une crise sociale s’ajouter à la crise sanitaire et économique est réel. « Nous devons les aider à surmonter ces moments de crise qui font peser sur eux des difficultés accrues ». C'est par ces mots qu’Edouard Philippe a justifié, à la sortie du dernier conseil des ministres, l’aide exceptionnelle évoquée deux jours plus tôt par Emmanuel Macron dans son allocution. Une réponse directe mais partielle à l’appel lancé par les associations de lutte contre la pauvreté et la CFDT, en faveur d’une prime de solidarité de 250€ à destination des personnes en difficulté dont les dépenses liées aux confinement (cantines, énergie…) pèsent sérieusement sur le budget.

Dans les faits, le gouvernement versera le 15 mai une "aide d’urgence" de 150 euros par famille bénéficiaire du RSA ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) à laquelle s’ajouteront 100 euros par enfant à charge. Les foyers bénéficiaires des APL qui ne touchent pas le RSA bénéficieront d’une aide de 100€ par enfant à charge. Au total, 4,1 millions de foyers devraient en bénéficier. Dans l’esprit du gouvernement, cette aide (versée automatiquement sans démarche préalable nécessaire) pourra être utile aux « travailleurs précaires qui ont perdu leur emploi juste avant ou pendant la crise » et aux « ménages qui ont connu une baisse importante de revenus ».

« Le geste bienvenu mais insuffisant » a réagi le Secours populaire, à l’initiative de la pétition « chacun chez soi oui, chacun pour soi, non ! » signée par de nombreux partenaires associatifs et syndicaux. « En focalisant sur les familles avec enfant, cette aide laisse de côté des populations entières elles aussi impactées par la hausse des dépenses ». Quant au montant, de 100 euros par enfant, il ne correspond en réalité qu’à un coup de pouce de 2,5 euros par jour et par enfant, loin de supporter l’ensemble des dépenses supplémentaires liées au confinement. Aussi la CFDT comme les associations demandent elles d’étendre et d’augmenter cette aide à l’ensemble des personnes précaires. Afin de ne laisser personne sur le bord du chemin.

 

 

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