Covid-19 : Pour Rachel, chercheuse assistante au Canada, “on peut tous aller dans le même sens”

Publié le 13/04/2020

À Hamilton, dans la province de l’Ontario, les initiatives pour lutter contre le virus se multiplient. Des chercheurs et étudiants du collège public Mohawk d’Hamilton ont mis leurs compétences au service des autorités sanitaires de la ville. Rachel, 25 ans, chercheuse assistante et étudiante, témoigne.

« Je suis fière et heureuse de pouvoir apporter ma contribution face à l’épidémie, aussi modeste soit-elle, souffle Rachel. On essaye d’être le plus utile possible. Si chacun agit à son niveau et avec ses moyens, ça ne pourra être que bénéfique. » Son collège (au Canada, les études dites « collégiales » sont à vocation pratiques et professionnelles, alors que les études dites « universitaires » sont académiques et théoriques) a réorienté les activités de son centre de recherche et d’impression en 3D pour concevoir du matériel médical. « Tout ça s’est fait très rapidement et très naturellement. Ça a été une évidence. Toute l’équipe a répondu présente », insiste la jeune femme. « Il a fallu repenser notre façon de travailler, nos processus et nos organisations. » Un défi loin d’effrayer la quinzaine de personnes de ce département habituellement chargées de dessiner, concevoir et imprimer des produits à la demande des entreprises. « Nous concevons de tout… vraiment de tout, mais jusque-là nous n’avions jamais rien produit en lien avec la santé et dans des délais si courts. »

De la serpillière… aux pièces de respirateurs

Parmi les dernières commandes en date… des serpillières. Une production aux antipodes des préoccupations du moment. Très vite, tous les projets en cours ont donc été relégués au second plan. « Nous nous sommes interrogés collectivement sur la façon de mettre à profit nos compétences et sur la meilleure façon d’optimiser tous les outils que nous avions à notre disposition. » Les idées fusent et les réponses n’ont pas tardé. La direction de l’établissement a suggéré la conception de masques, les équipes du centre ont proposé de concevoir des pièces servant aux respirateurs et du matériel utile aux patients malades intubés. Autant de nouveaux objets à penser avec une toute nouvelle organisation du travail. Les employés travaillent en effet depuis leur domicile « Nous avons des réunions quotidiennes et on garde le contact par téléphone et courriel. Tous ces échanges nous permettent de rester mobilisés et motivés. Certains de mes collègues peuvent même réaliser des impressions depuis chez eux. »

Une collaboration de tous les acteurs

De leur côté, les chercheurs ont pris contact avec l’autorité sanitaire de la ville, chargée de coordonner l’activité des différents établissements de soin, et le centre de recherche sur la santé d’Hamilton (HHS) afin d’identifier plus précisément les besoins. Toujours en lien avec le HHS, l’équipe s’est aussi rapprochée d’une entreprise privée qui, au quotidien, fabrique des composants destinés aux produits de haute technologie. « Ils ont une capacité de production largement supérieure à la nôtre. Nous leur avons soumis nos plans et ils ont adapté leur chaîne de production. Ils vont rapidement pouvoir produire les matériels de protection pour les personnels soignants ! s’exclame Rachel. C’est important de voir que lorsqu’il y a une urgence, on peut tous aller dans le même sens. »  

glefevre@cfdt.fr