Covid-19 : Le désarroi des salariés du funéraire

Publié le 14/04/2020

Marceline, conseillère funéraire en Bretagne raconte son quotidien pendant l'épidémie de Covid-19, tout en ayant une pensée pour les familles endeuillées.

Covid WebPas de mise en bière, pas de toilette, pas d’affaires personnelles, pas de rituel, pas de religion. Juste une housse hermétique, le cercueil puis c’est l’inhumation ou la crémation. » Tel est le sort réservé aux morts du Covid-19. Pour Marceline*, 40 ans, conseillère funéraire en Bretagne, la pratique est choquante mais c’est la condition d’une véritable protection des salariés des pompes funèbres et des familles. « Beaucoup pensent qu’une fois mort, le défunt ne présente plus de danger mais c’est une erreur. Notre métier comporte des risques », observe-t-elle.

« Normalement, nous sommes là pour accompagner les familles, rendre le défunt présentable mais là… on est mal pour les familles. On ne fait pas le travail jusqu’au bout. » Pour les collègues de Marceline qui vont chercher les morts du Covid-19, des protections supplémentaires sont prévues telles que des surchaussures et des surblouses. Ils disposent aussi d’un véhicule dédié uniquement au transport de ces morts, des pièces du funérarium le sont également où seuls les travailleurs sont autorisés à entrer.

« Pour l’organisation des obsèques, nous recevons les familles une par une et uniquement sur rendez-vous. Elles portent souvent des masques et des gants et utilisent leur propre stylo pour signer les documents. On règle aussi beaucoup de choses par e-mail ou par téléphone, affirme Marceline. Ce sont aussi les familles qui décident qui, des dix personnes autorisées, peut venir ou pas aux obsèques. » Pour l’heure, la Bretagne est relativement épargnée par l’épidémie, alors les pompes funèbres font face. Mais la direction a demandé à Marceline et ses collègues de ne pas gaspiller les protections pour le cas où…

dblain@cfdtr.fr

*Le prénom a été changé