Covid-19 : La réouverture bon an mal an des Commerces non alimentaires

Publié le 12/05/2020

Petits et grands commerces non alimentaires ont presque tous rouverts leurs portes lundi 11 mai avec des fortunes diverses

« Dans le secteur de la coiffure, nous avions estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour une réouverture mais la pression était très forte, admet Véronique Révillod, la secrétaire générale adjointe de la Fédération CFDT des services. Mais le dialogue social entre les organisations syndicales et patronales a produit des préconisations très complètes qui vont jusqu’à préciser la manière de passer le sèche-cheveux mais recommandent aussi de retarder les permanentes et les colorations. Les salariés vont devoir faire preuve d’une grande concentration pour respecter toutes ces règles. »

Dans le secteur de l’esthétique, le patronat a voulu faire cavalier seul en édictant des règles sans concertation. « Le ministère n’a pas laissé faire et a renvoyé le patronat à la table des négociations, observe Véronique Révillod. Un document va être édité qui proscrit l’emploi de certains produits. Le vernis, par exemple, peut être un vecteur important du virus. » Pour la syndicaliste, « Les salariés des petites enseignes où les syndicats ne sont pas présents naviguent à vue, c’est la débrouille qui prévaut. On redoute aussi dans les petits commerces une montée des violences et des incivilités. »

Décathlon débordé

« Les préconisations gouvernementales de 4m2 par personne sont trop larges, confirme Sébastien Chauvin, le DSC CFDT de Décathlon où le port du masque obligatoire suscite quelques réfractaires chez les clients. En revanche, l’affluence pour cette réouverture est telle que « C’est comme un week-end de soldes. On a été débordé. Pas simple avec 50 % de l’effectif de faire respecter les gestes barrières au niveau des ateliers et des caisses et surtout des caisses automatiques. La CFDT va demander que ces embouteillages soient mieux filtrés. Pour les salariés qui sont contents de revenir travailler, c’est une première journée épuisante physiquement et psychologiquement. » 

« A la Fnac, la direction a fait le choix du port du masque pour tous, salariés et clients, en plus des mesures obligatoires. Ça rassure tout le monde, explique Sébastien Neuvelt, élu CFDT, à Reims-Thillois. La CFDT voulait que les masques aux clients soient offerts mais le stock n’est pas assez important pour l’instant. » Pour la réouverture, la clientèle est revenue à un rythme assez calme avec une affluence plus soutenue au SAV. «Nous, les vendeurs, avons un rôle pédagogique à jouer auprès des clients pour les responsabiliser, qu'ils s'organisent pour leurs achats et ne trainent pas trop longtemps dans les magasins. A l'usage, la bonne marche de l'entreprise dépend d'une intelligence collective.» Ca ne semble pas être le pari de la direction de la Fnac qui avait lancé une négociation sur la modulation du temps de travail en mettant en contrepartie le paiement à 100 % du chômage partiel. Un chantage qu'ont refusé toutes les organisations syndicales. 

Chez Ikéa, la reprise c'est pour plus tard : le 25 mai. Pour l'instant, seuls la livraison et le drive fonctionnent, l'essentiel des 10 000 salariés de l'enseigne suédoise sont au chômage partiel à 84 % depuis le 12 avril. Pour la reprise, la direction a indiqué qu'elle n'exigerait pas le port du masque pour les clients à l'exception des magasins en zone rouge. Une décision que regrette Jean-Paul Barbosa, le DSC CFDT. Il estime que «avec les préconisations gouvernementales, jusqu'à 6 à 700 personnes dont 100 à 150 salariés pourront se retrouver en même temps dans les magasins. C'est trop.» 

dblain@cfdt.fr