Covid-19 : L’Elysée réunit, en visioconférence, les partenaires sociaux sur la crise

Publié le 27/03/2020

Pendant deux heures, les numéros un des organisations syndicales et patronales ont échangé avec le chef de l’Etat et plusieurs membres du gouvernement. Au menu : les bouleversements provoqués dans le monde du travail et l’économie par l’épidémie de Covid-19.

Ils ne se quittent plus, ou presque. Alors que depuis le début de la crise sanitaire, les partenaires sociaux sont en relation directe avec les ministres du Travail de l’Économie et de la Santé, une visioconférence était organisée le 27 mars avec le président de la République Emmanuel Macron en vue d’échanger sur les moyens de concilier poursuite de l’activité économique et protection des salariés pendant l’épidémie de coronavirus. Du côté de l’Élysée, la réunion a été l’occasion « d’échanger sur les difficultés rencontrées par les salariés et les entreprises depuis l’entrée en vigueur des mesures de confinement […], de faire le point sur les mesures de protection et de faire connaître à l’ensemble des acteurs les mesures et dispositifs d’aide mis en place par le gouvernement pour les entreprises et les salariés dans le contexte de la crise ».

Il faut dire qu’en l’espace de quelques jours, les textes règlementaires se sont succédé, soulevant du côté syndical de nombreuses interrogations voire parfois de franches inquiétudes. C’est notamment le cas de l’ordonnance ouvrant droit aux dérogations des entreprises sur la durée du travail. Pour Laurent Berger, « rien ne doit se faire sans concertation et sans dialogue social, le secrétaire général réaffirmant à cette occasion que certains secteurs ne pourront physiquement pas envisager de travailler 60 heures par semaine ».

Sans nier ces divergences de vue et des points de vigilance, la CFDT entend faire preuve de responsabilité et de solidarité. « Cette crise nous rappelle ce que doit être la priorité en toute circonstance : l’humain et la vie humaine », déclarait Laurent Berger. Or l’urgence, ce sont la situation sanitaire et celle des soignants. Le cri d’alarme poussé depuis des mois dans les hôpitaux et les Ehpad semble enfin avoir trouvé une oreille attentive avec la crise sanitaire. Le plan d’investissement massif pour l’hôpital et la revalorisation de l’ensemble des carrières, annoncés par le chef de l’État le 25 mars lors de son déplacement à Mulhouse, doivent désormais se traduire en actes forts.Un rendez-vous pourrait être pris dans les prochains jours avec les organisations syndicales du milieu hospitalier sur les primes et les revalorisations à apporter au personnel soignant, annonce le gouvernement.

Une "seconde ligne" à protéger

Quant aux salariés en poste, cette « seconde ligne » (selon les termes du chef de l’État) qui œuvre quotidiennement à la continuité économique du pays, la priorité va là aussi à la protection. Si les entreprises et administrations jouent globalement le jeu grâce à la mise en place des mesures de protection et d’organisation du travail adaptées, ce n’est pas le cas partout. Entrepôts, banques, entreprises des transports ou de distribution mais aussi travailleurs sociaux au contact du public… les abus sont nombreux estiment les organisations syndicales, qui appellent les pouvoirs publics à la vigilance sur la tentation d’une prime au travail. « Aucune prime aussi bénéfique soit elle pour ceux qui en bénéficient, ne peut être un salaire de la peur. Elle ne saurait être un substitut de la protection à laquelle les salariés ont droit, ni un solde de tout compte pour la suite », estime le secrétaire général de la CFDT.

Sur la question du non versement des dividendes émise par la CFDT et largement partagée du côté syndical, le gouvernement semble ouvert à ce que les entreprises qui ont demandé un report de charges fiscales, de cotisations sociales ou de chômage partiel ne puissent pas verser de dividendes. Une communication en ce sens est attendue dans la soirée.

aballe@cfdt.fr