Covid-19 : Dans la grande distribution, la prime de 1 000 € ne doit pas remplacer la sécurité

Publié le 25/03/2020

Quasiment toutes les enseignes de la grande distribution ont mis en place une prime de 1 000 € pour leurs salariés qui continuent de travailler. Certaines avec réticence. Les équipes CFDT s’emploient à corriger les injustices. Tout en rappelant qu’il est hors de question que cette prime remplace les mesures sécurité indispensables.

Covid WebIls continuent à travailler et sont au contact du public tous les jours ou font en sorte que les clients trouvent de quoi se nourrir dans les magasins. Ils, ce sont les employés de la grande distribution, hôtesses de caisse, magasiniers, chefs de rayon, livreurs à domicile, transporteurs, logisticiens, etc. Ils sont la condition sine qua none de la réussite du confinement. Aussi la prime de 1 000 € proposée par le gouvernement a-t-elle été reprise par presque toutes les enseignes de la grande distribution. Elle a aussi été bien accueillie par l’ensemble des équipes syndicales même si ça et là, les modalités de versement sont mal définies et sa répartition pas toujours juste.

La sécurité sanitaire avant tout

Chez Auchan qui a été la première enseigne à « dégainer », la CFDT a, par la voix de son délégué syndical central (DSC) Guy Laplatine, « salué le geste de la direction qui fait écho à sa revendication de prime de présentéisme et de risque ». La prime pourrait concerner 65 000 salariés du groupe d’autant que le DSC ajoute : « Il faut aussi penser à ceux qui en télétravail font fonctionner l’entreprise. Sans eux, pas de magasins ouverts, pas de service aux clients. » De plus, le DSC ajoute que la sécurité sanitaire est une priorité pour la CFDT. Dans un communiqué publié ce 25 mars, le DSC demande la fermeture des caisses minutes et caisses scanettes qui sont de véritables « bouillon de culture ». Selon la CFDT, « L’encaissement doit être fait par des hôtesses obligatoirement sous « bouclier » sanitaire »(plexiglass, gants, gel hydro alcoolique, encaissement sans contact, distance, etc.)

Même son de cloche chez Carrefour où le PDG est finalement revenu sur sa décision de ne pas donner du tout de prime et devrait accorder 1 000 € aux salariés du groupe. Il reste à définir les modalités de versement ainsi que la répartition. Si cette dernière question ainsi que celle de la sécurité sanitaire des salariés préoccupent la CFDT Carrefour, Sylvain Macé, le délégué national de la CFDT, propose également de « réduire les horaires d’ouverture des magasins compte tenu de la baisse de fréquentation constatée, et de fermer le dimanche afin de permettre aux salariés de pouvoir se reposer. »

Une prime au prorata temporis chez Casino

Chez Casino, la direction a convoqué les organisations syndicales le 24 mars pour les informer qu’une prime pouvant aller jusqu’à 1 000 € serait versée aux salariés au prorata temporis, soit en fonction du temps écoulé au travail. « La direction n’a pas encore fixé les modalités de versement mais nous allons monter au créneau contre cette décision injuste de prorata temporis, affirmele DSC CFDT André Moreno qui ajoute : « il s’agit là d’une décision unilatérale de la direction qui ne fera pas l’objet d’un accord d’entreprise. » D’autre part, le DSC redoute le lobbying de la Fédération patronale du commerce et distribution (FCD) qui souhaiterait que cette prime soit réservée aux seuls salariés du secteur exposés au public, excluant tous ceux qui télétravaillent ou ne sont pas en contact direct avec le public 

D’autres enseignes se sont mises au diapason. Ainsi, le groupe allemand Lidl qui avait négocié avec les organisations syndicales la mise en place d’une prime défiscalisée de 400 € début mars a décidé d’élever le montant de celle-ci à 1 000 €.

Chez Intermarché, la direction du groupement devait négocier avec les organisations syndicales l’attribution d’une prime de 1 000 € et a demandé aux chefs d’entreprise de ses filiales d’en faire autant. Enfin Kingfisher, la maison mère de Castorama et Brico dépôt, a également annoncé le versement d’une prime de 1 000 € à 3 500 salariés qui assurent les services de retrait des commandes et de livraison.

dblain@cfdt.fr

photo Réa