[Mise à jour] Covid-19 : Une reprise d’activité enfin sécurisée chez Amazon

Publié le 18/05/2020

[Mise à jour du 18 mai 2020]

Après des semaines de bataille syndicale et une fermeture historique des six entrepôts implantés en France, un accord vient d’être trouvé chez Amazon permettant la reprise d’activité à compter du 19 mai.

[Mise à jour du 18 mai 2020]

Après des semaines de bataille syndicale et une fermeture historique des six entrepôts implantés en France, un accord vient d’être trouvé chez Amazon permettant la reprise d’activité à compter du 19 mai. CFDT, CGT, FO et Sud ont en effet obtenu les garanties de sécurité sanitaires pour les salariés à savoir «  une reprise progressive, sur la base du volontariat » et des mesures incitatives (majoration de 2€ de l’heure jusqu’à fin mai, aménagement des horaires pour éviter les croisements de salariés…) Pour la fédération des Services CFDT, cet accord marque la  « reconnaissance tardive par Amazon de la légitimité des représentants du personnel ». Elle souhaite y voir  l’amorce espérée d’un dialogue social durable et loyal, pour le rayonnement de l’entreprise et le développement d’un emploi de qualité »

 

[Mise à jour du 5 mai 2020]

Alors que les organisations syndicales CFDT, CGT et Sud ont présenté un plan de reprise progressive d’activité, la direction du groupe américain qui s’est vue refuser l’accès au dispositif de chômage partiel pour ses salariés par l’administration a annoncé une prolongation de la fermeture de ses sites jusqu'au vendredi 8 mai.

Après la décision de la cour d’Appel de Versailles du 24 avril de confirmer le jugement du tribunal de Nanterre de limiter les activités du groupe Amazon, et la décision de la direction de fermer complètement ses entrepôts jusqu’au 5 mai, une intersyndicale CFDT, CGT et Sud a fait une proposition à la direction. Dans une lettre conjointe, elles proposent une reprise progressive d’activité après consultation en deux étapes des instances représentatives du personnel. La première d’une durée de dix jours viserait à préparer une reprise « limitée avec des effectifs réduits et une organisation du travail révisée. » La seconde d’un mois permettrait un retour à la normale après que la direction ait présenté un retour positif d’expérience sur un des sites. Si la direction refuse, l’intersyndicale se réserve le droit de « mener toutes les actions, y compris judiciaires, afin d’obtenir le respect des droits des salariés et de leurs représentants. »

Au passage, l’intersyndicale a également demandé le paiement à 100 % des salaires des personnels qui ont fait usage de leur droit de retrait. La direction qui avait pourtant jugé « sérieuse » cette proposition ne l’a pas pour autant validée, loin de là. Au contraire, elle a convoqué un CSE central le 5 mai au cours duquel elle a annoncé une prolongation de la fermeture de ses sites français jusqu'à vendredi 8 mai.

Des relations tendues avec l’administration

On savait les relations d’Amazon France tendues avec les organisations syndicales, elles le sont également avec l’administration du Travail qui a refusé sa demande de chômage partiel pour ses 10 000 salariés. Les organisations syndicales ont d’ailleurs jugé « indécente » cette demande. Ce dispositif est réservé aux entreprises dont les activités ont été rendues impossibles par la crise. Ce n’est pas le cas d’Amazon qui a refusé de se conformer aux exigences sanitaires et décidé de fermer ses sites français tout en continuant ses livraisons à partir de ses autres sites européens.

dblain@cfdt.fr 

photo Réa