Chez Labrenne Propreté EDS, la CFDT aux petits soins pour les agents d’entretien

Publié le 29/05/2018

Chez Labrenne Propreté EDS, la CFDT aide les salariés à se former, à obtenir un logement social ou encore à monter un dossier de handicap. De la proximité sur mesure.

Les miettes sur la moquette ou encore les chewing-gums collés au fond de la corbeille à papier, c’est le quotidien des agents d’entretien employés par Labrenne Propreté EDS, prestataire sur 250 sites situés en Île-de-France. Leur mission : épousseter, passer l’aspirateur et nettoyer les sanitaires dans des immeubles de bureaux, des hôpitaux, des collèges ou des résidences universitaires. « L’effectif se compose à 63 % de femmes, souvent arrivées à un certain âge, sans qualification, et qui veulent retravailler après avoir élevé leurs enfants », relève Nathalie Leblanc, déléguée syndicale CFDT qui forme un binôme avec Doumbe Traore, également délégué syndical. Nathalie assure une présence régulière au siège de Gennevilliers, reçoit les salariés, les accompagne quand ils sont convoqués pour une raison disciplinaire ou administrative ; Doumbe, lui, se consacre au terrain. Il passe l’essentiel de son temps syndical sur les différents sites afin de faire connaissance avec les nouveaux embauchés, discuter des conditions de travail ou intervenir à la demande d’un salarié.

Une équipe CFDT soudée et renouvelée

     

Suivi de l’activité de l’entreprise
Les élus CFDT rencontrent chaque mois la direction afin de faire un point sur l’évolution de l’activité. Ces réunions permettent d’ajuster les affectations de personnel en fonction des entrées et sorties de chantier, chaque contrat étant d’une durée moyenne de deux ans. L’avis de la CFDT est pris en compte.

Renouvellement de l’équipe
« Nous avons voulu renouveler l’équipe pour que ça bouge, explique la déléguée syndicale Nathalie Leblanc. Je suis allée les chercher un par un ! » Résultat, une équipe rajeunie et hypermotivée. Les responsabilités ont été réparties selon l’intérêt de chacun pour les différents sujets : logement, formation, santé, sécurité… Au total, une dizaine de militants qui, malgré l’éparpillement des sites dans toute l’Île-de-France, répondent toujours présent aux appels au secours des salariés.

Accompagnement à tous les niveaux
Vu la moyenne d’âge plutôt élevée des salariés, usés par un métier difficile, la CFDT propose aux agents concernés de les aider à monter un dossier de reconnaissance de handicap. L’accompagnement est le maître-mot de l’action de la section : conciliation des temps, formation et progression professionnelle, conditions de travail, relation avec le management, logement – rien n’échappe à leur vigilance.

     

La médiation se révèle donc être une pratique quotidienne pour cette équipe syndicale soudée, renouvelée à l’occasion des dernières élections, celles de mai 2017. Dans les 250 sites des clients de Labrenne, les agents d’entretien travaillent sous les ordres d’un chef d’équipe. Neuf inspecteurs se répartissent le contrôle des chantiers par zones géographiques. Ils vérifient sur place le bon déroulé des opérations et le respect du cahier des charges. Des malentendus peuvent survenir entre les agents d’entretien et les chefs d’équipe, les inspecteurs ou encore les usagers des locaux. Ils doivent, dans la mesure du possible, être réglés avant que les situations ne s’enveniment. « Les prestations de ménage obéissent à des normes précises, mais pour être agréables à certains clients, il arrive que les chefs d’équipe demandent aux agents d’accomplir des tâches qui ne figurent pas dans le cahier des charges, par exemple dépoussiérer le haut des armoires ou passer l’aspirateur en dehors des jours prévus. Si cela se répète, les agents s’adressent à nous », raconte Mamadou Sané, élu CFDT et chef d’équipe.

Les emplois du temps constituent un autre sujet de friction. Dans le secteur de la propreté, les temps partiels sont la règle. Et les horaires sont atypiques : de 6 à 9 heures ou de 17 à 21 heures, quand les bureaux sont vides. « Les agents ne font pas plus de 120 heures par mois. Beaucoup sont à 65 heures et complètent avec d’autres petits contrats », explique Nathalie (la durée minimale hebdomadaire de temps de travail dans la branche est de 16 heures). La déléguée syndicale intervient fréquemment en vue de faciliter la conciliation des emplois du temps. « Plutôt que de les voir courir d’une entreprise à l’autre et risquer d’arriver en retard, nous nous arrangeons avec leur chef d’équipe pour décaler les horaires », détaille Nathalie. Mieux, quand un contrat débute avec un nouveau client, la CFDT est consultée par la direction lors de réunions mensuelles afin que les missions soient distribuées en fonction du temps de trajet.

Une action qui permet d’éviter les dysfonctionnements

Au final, tous ces réglages au cas par cas permettent d’éviter bon nombre de conflits et d’assurer un service de qualité. « Les inspecteurs ne nous sont pas hostiles, au contraire, constate Nathalie. Nous savons user de diplomatie, nous les prévenons toujours quand nous intervenons sur un site. Et puis eux-mêmes reconnaissent que notre action permet d’éviter des dysfonctionnements ; c’est toujours bon pour l’image de l’entreprise. »

Les désaccords naissent parfois d’un manque de maîtrise du français. Une grande majorité des hommes et des femmes de ménage employés par Labrenne viennent de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, du Maghreb et du Portugal. Doumbe est originaire du Mali ; sa langue maternelle est le soninké. « Je peux communiquer avec les collègues venus de Guinée-Bissau, du Sénégal ou de Mauritanie, où le soninké est également parlé », explique-t-il. Il les informe au sujet de leurs droits, les conseille, fait office de traducteur quand c’est nécessaire et les aide à se repérer dans les consignes. Depuis trois ans, sous l’impulsion de la CFDT, des cours d’alphabétisation ont été mis en place. « Dans notre métier, c’est important de pouvoir lire la notice d’un produit dangereux ou les indications laissées par le client sur un Post-it, souligne Doumbe. Et ceux qui suivent les cours disent que c’est utile dans leur vie quotidienne. » Intégrées dans le plan de formation, les heures de cours sont effectuées hors temps de travail et rémunérées. La CFDT a obtenu que la formation soit fixée pendant une demi-journée par semaine en tenant compte des autres employeurs des agents. La section aide les salariés à utiliser le compte personnel de formation (ouverture du CPF, choix de la formation, montage de dossiers) et veille à la régularité des entretiens professionnels, obligatoires tous les deux ans depuis la réforme négociée par les partenaires sociaux en 2014. Des salariés ont ainsi obtenu des certificats de qualification professionnelle (CQP) afin de pouvoir utiliser du matériel mécanisé de nettoyage ou mieux connaître la composition des produits ; d’autres, grâce à la formation, ont accédé à la fonction de chef d’équipe et au statut d’agent de maîtrise. Au sein de l’équipe, c’est Maria Louro De Azevedo, nouvellement élue au comité d’entreprise en mai 2017, qui gère la commission formation. « J’organise des tournées sur les chantiers qui permettent de rencontrer les salariés et de les encourager à se former, raconte-t-elle. L’entreprise offre des possibilités d’évolution et ce serait dommage de ne pas en profiter. Je suis bien placée pour en parler car j’ai moi-même progressé grâce à la formation : je suis responsable qualité depuis sept ans après avoir été agent d’entretien pendant quinze ans. »

L’aide de la CFDT à l’accession au logement social

Toujours dans une optique d’amélioration de la situation professionnelle des salariés en difficulté, la CFDT les aide à accéder au logement social. « Nous avons vu des cas de collègues qui dormaient dans la rue et se douchaient dans les locaux de l’entreprise », témoigne Nathalie. La commission logement du comité d’entreprise a mis en place un ordre de priorité en matière de présentation des dossiers à Action Logement. « Nous recevons les salariés, nous connaissons chaque situation », explique la déléguée syndicale. La commission est en contact permanent avec un interlocuteur unique à Action Logement et suit de près le traitement des dossiers. Six logements ont été attribués en 2017. « J’ai parfois le sentiment que nous faisons un boulot d’assistante sociale ou de psy », résume Nathalie, que les salariés appellent avec affection « Doc Leblanc ».

mneltchaninoff@cfdt.fr

     

Repères

• Labrenne Propreté EDS, entreprise spécialisée dans le nettoyage et l’entretien des locaux en Île-de-France, emploie 1 449 salariés qui interviennent sur 250 sites. Son siège social est situé à Gennevilliers.

• Le groupe Labrenne, dont dépend Labrenne Propreté EDS, a réalisé un chiffre d’affaires de 44 millions d’euros en 2016 et compte 2 000 salariés.

• La section CFDT est passée de 57,71 % des voix en 2013 à 76 % des voix en mai 2017. La CGT a chuté de 20 points à 10 % et FO a disparu du paysage syndical.