Carling : la CFDT mise sur le dialogue social pour préserver l’emploi et préparer l’avenir

Publié le 22/10/2013
Le 4 septembre dernier, la mauvaise nouvelle tombe : Total annonce la fermeture du dernier vapocraqueur de sa plateforme pétrochimique de Carling (Moselle). D’ici à la fin 2015, 210 emplois seront supprimés – « sans licenciement », précise la direction. La jeune section CFDT adopte rapidement la voie du dialogue et de la négociation.
     
 L'analyse de la fédération Chimie-Energie
     

« On avait prévu un mouvement de grève afin que les salariés aient un exutoire à leur colère après cette annonce qui faisait suite à de nombreux autres plans sociaux, explique Geoffrey Caillon, délégué syndical CFDT du site Total Petrochemicals de Carling. Mais on a compris que les autres organisations cherchaient à nous emmener dans un conflit qui aurait tout bloqué, sans la moindre solution pour l’avenir. » L’idée d’une grève étant écartée, l’équipe CFDT demande immédiatement à négocier le volet social. D’importantes mutations sont à anticiper : Total a annoncé au même moment un investissement de 160 millions d’euros sur le site pour faire de Carling son centre européen de résines d’hydrocarbures et de polymères. « Il n’y a rien en GPEC, rien sur les compétences des nouveaux postes, s’inquiète Geoffrey. On sait qu’il n’y aura pas de place pour tous les salariés postés actuellement. Certains devront donc en passer en horaires de journée, et il devra y avoir des reconversions nécessitant de la formation. Le problème, c’est qu’un fossé s’est creusé entre le théorique et le concret dans le dialogue avec la direction, notamment en ce qui concerne les compétences et le travail des salariés. » Selon Geoffrey, l’objectif consiste maintenant à « amener la direction à ouvrir des négociations sur la formation des salariés et la gestion des compétences. »

  

Une section CFDT proche des salariés

Aux dernières élections, en janvier 2013, la CFDT est passée de troisième à première organisation sur le site de Carling. « On est parti de zéro. Il n’y avait pas de travail de terrain, raconte David, militant de la section. On est quasiment tous en poste et on ne pose pas de délégations à tout va, sinon on ne serait pas crédibles aux yeux des salariés. On ne veut pas faire payer le prix de notre activité syndicale sur nos collègues en ne venant pas. » Une attitude exemplaire aux yeux des salariés, quand, dans le même temps, des militants d’autres organisations utilisent des jours de délégation pendant des mouvements de grève. La section attache également beaucoup d’importance à l’information des salariés : « Chaque militant est un relais d’information auprès de ses collègues. »

   

L’enjeu : accompagner et réussir la mutation industrielle du site, qui va entraîner de profonds changements impactant une partie des salariés. Cela reste encore très théorique pour eux et peut être une source d’angoisse. « On peut rester dans le brouillard un certain temps, mais il va falloir en sortir, a prévenu Geoffrey lors d’une rencontre avec la direction début octobre. Il faut que les salariés obtiennent quelque chose de concret. »

Les militants de la section CFDT mènent parallèlement aux négociations un important travail d’information et de pédagogie auprès de leurs collègues. Une réunion d’information ouverte à tous les salariés va être organisée le 7 novembre prochain afin d’expliquer le choix du dialogue fait par la CFDT, qui a quelquefois été incompris dans l’entreprise. « On souhaite crever l’abcès. C’est aussi pour ça que l’on a besoin de concret rapidement », conclut Geoffrey.

fmeyer@cfdt.fr