Bretagne : les vraies raisons de la crise

Publié le 12/11/2013
Si l’écotaxe n’est pas la cause des difficultés que connaît la Bretagne, il n’en reste pas moins vrai que la région souffre sur le front de l’emploi. Explications et perspectives.

Quel est le problème en Bretagne ?

Comme d’autres régions, La Bretagne subit de plein fouet l’enlisement du pays dans la crise. Sur les neuf premiers mois de l’année, 736 plans sociaux ont été déposés, soit 16 % de plus qu’à la même période en 2012. La Bretagne a particulièrement souffert ces derniers mois, agroalimentaire en tête : Doux, Gad SAS, Tilly-Sabco, Marine Harvest ont tour à tour annoncé de douloureux plans sociaux. Les causes sont structurelles autant que conjoncturelles : c’est l’essoufflement d’un modèle reposant sur les volumes davantage que sur la qualité et l’innovation, comme le dénonce de longue date la CFDT par les voix de l’Union régionale de Bretagne et de la Fédération générale de l’agroalimentaire. D’autres secteurs industriels sont également à la peine, comme l’automobile avec PSA Peugeot Citroën ou l’électronique avec Alcatel-Lucent…

Comment sortir de la crise ?

La crise de l’emploi qui sévit ne se résoudra pas par les manifestations et ultimatums de ceux qui « réclament moins de normes environnementales, d’impôts et de taxes et plus de subventions et d’aides » en instrumentalisant la crainte des salariés quant à leur avenir. C’est forte de cette certitude que la CFDT a réclamé « un dialogue social apaisé », appelant toutes les bonnes volontés à se mettre autour de la table. « Il faut prendre en charge les questions sociales avec des aides de reclassement, de l’accompagnement des salariés, des indemnités, maintenir un maximum d’emplois et surtout construire un autre modèle de l’industrie agroalimentaire en Bretagne, et c’est ce que la CFDT essaie de faire », a déclaré Laurent Berger, avant d’ajouter : « Il y a de la désespérance aujourd’hui, elle est légitime, mais on n’a pas le droit de l’instrumentaliser et de jouer avec. » Une manière de rappeler chacun – acteurs patronaux, organisations syndicales et élus locaux et nationaux – à ses responsabilités.

aseigne@cfdt.fr

photo © Didier Maillac /Réa

L’UD du Finistère tient bon face aux Bonnets rouges

Hasard du calendrier, le 8 novembre, alors que se déchaînaient les Bonnets rouges, Véronique Descacq est intervenue lors d’un débat d’actualité revendicative organisé par l’Union départementale du Finistère. Comme l’a rappelé d’entrée Hervé Goachet, le secrétaire général de l’UD – qui passait ce jour-là la main à Lydie Nicol – « l’opposition à l’écotaxe n’est qu’un paravent derrière lequel se cachent ceux qui n’ont pas su ou voulu anticiper la situation économique et sociale actuelle en Bretagne ». Citant notamment les groupes agroalimentaires bretons, il a insisté sur le fait que les aides européennes (dont la fin a été annoncée depuis déjà de nombreuses années) n’ont pas été mises à profit pour reconvertir ces entreprises et faire monter en gamme leurs produits.

Les dégâts provoqués par la politique du bas coût

Pis, contrairement aux demandes répétées de la CFDT, ces entreprises « se sont enferrées dans la politique du bas coût sans jamais former leurs personnels ». « L’attitude de ces employeurs explique en grande partie pourquoi la CFDT n’a pas appelé à manifester le 2 novembre à leurs côtés », ajoute Véronique Descacq. D’autant plus que la CFDT est favorable à l’écotaxe. Rebondissant sur l’exemple breton, qu’elle qualifie de « miroir grossissant de la situation française », la secrétaire générale adjointe a conclu en rappelant que « la priorité de la CFDT est de répondre aux angoisses des salariés, ce qui signifie tout faire pour préserver et créer des emplois ».

nballot@cfdt.fr