Bonne mobilisation dans les centres d’appels

Publié le 30/05/2014

Après le succès de la journée d’action du 27 mai, l’intersyndicale espère entrer en négociation rapidemment sur les salaires et les conditions de travail bien que le secteur soit en difficulté.

Ce 27 mai, l’intersyndicale CFDT, Sud, CFTC, CGT et FO des centres d’appels prestataires exhortait les 55 000 salariés du secteur à la mobilisation. Le message a été ActAuv2 DR
bien reçu. Sur les sites de Téléperformance et Webhelp, la mobilisation a été plutôt satisfaisante malgré les difficultés que connaissent ces entreprises. Chez Acticall, Fitel ou Coriolis, l’action a été suivie par 50 à 80% des salariés grévistes. Les syndicats proposaient de cesser tout appel entre 14 et 15 heures.

Le secteur connaît de sérieuses difficultés, plus ou moins aiguës selon les entreprises. La concurrence des centres d’appels offshore, les grandes manœuvres dans les télécoms et l’impuissance du Syndicat des professionnels des centres de contacts (SP2C) permettent aux donneurs d’ordre d’obtenir des contrats de plus en plus serrés.

Rémunérations et temps de pause

Première conséquence : le pouvoir d’achat des employés baisse. Près de 80 % d’entre eux sont positionnés sur les cinq premiers niveaux de la grille salariale. Ils sont rattrapés chaque année par la hausse du Smic.

Deuxième conséquence : les conditions de travail se dégradent. De plus en plus d’entreprises dérogent aux conventions collectives qui prévoient dix minutes de pause toutes les deux heures, et quinze minutes toutes les trois heures. Elles sont de moins en moins respectées et de moins en moins payées. Le principe de temporisation (6 à 10 secondes de pause entre chaque appel) est souvent bafoué, augmentant alors les risques psychosociaux chez les téléconseillers. Le taux d’absentéisme est d’ailleurs dramatiquement élevé. Il atteint 14,70 %, quand la moyenne nationale dans le secteur privé est de 4,53 % (soit 16,6 jours par salarié, selon le baromètre de l’Alma).

Cette mobilisation du 27 mai avait pour objectif de créer un rapport de force favorable afin de demander une revalorisation des salaires de 100 euros, le respect des temps de pause et de la convention collective, ainsi qu’une diminution des jours de carence maladie. L’intersyndicale espère ainsi obtenir l’ouverture de négociations sur ces sujets tandis que, de son côté, le patronat vient de dénoncer un accord sur la formation professionnelle et un autre sur la prévoyance. 

dblain@cfdt.fr


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