Bassin de Lacq : l’exemple d’une reconversion réussie

Publié le 09/01/2014 (mis à jour le 14/01/2014)

Têtus : c’est ce que disent volontiers des Béarnais leurs voisins basques. À tout le moins a-t-il fallu une bonne dose de détermination aux militants CFDT du bassin de Lacq pour tenir dans la reconversion du site alors que le gisement de gaz était menacé d’épuisement.

« Lacq, c’est l’histoire de militants qui agissent pas à pas, sans certitudes sur l’avenir, mais avec détermination et sans renoncements », salue le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

Des solutions par le dialogue

Avec le départ de TEPF (Total Exploration Production France), l’exploitation commerciale du gaz de Lacq a pris fin, cédant la place à Lacq Cluster Chimie 2030, qui compte 1 500 salariés et de grands noms industriels mutualisant un certain nombre de services et d’infrastructures à travers la Sogebi (Société béarnaise de gestion industrielle) : Arkema, leader mondial de la thiochimie, qui valorise le soufre dont le gaz de Lacq est riche ; Toray, spécialiste de la matière première de la fibre de carbone ; Abengoa, producteur d’éthanol, etc. « Cela prouve qu’en anticipant les mutations économiques et en construisant des solutions positives par le dialogue social, on peut donner un avenir à notre industrie, martèle Laurent Berger. C’est l’esprit de l’accord sur la sécurisation de l’emploi : anticiper la stratégie économique des entreprises grâce à la base de données unique » 

Les représentants CFDT ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. « Nous nous sommes dit que si les entreprises mutualisaient la cantine, la formation professionnelle, les services de santé au travail, nous pouvions réussir la mutualisation des œuvres sociales et culturelles au bénéfice de tous les salariés », explique Robert, ancien de TEPF. Au 1er janvier 2014, le comité interétablissements (CIE), qu’ils ont passé l’année 2013 à mettre sur pied, a enfin vu le jour. « Si ça peut permettre à des salariés de petites entreprises de bénéficier des avantages que nous avons dans les grandes boîtes, ce n’est que justice », juge Thierry Gontier, secrétaire du Syndicat chimie-énergie Adour-Pyrénées. Seul bémol : « La CGT, majoritaire dans un certain nombre d’entreprises du bassin, a refusé de jouer le jeu. » Reste à valoriser tout ce travail auprès des salariés, alors que les élections professionnelles auront lieu en juin 2014 à Arkema. « Vous pouvez être fiers de ce que vous avez fait. Il faut le dire aux salariés et proposer à ceux qui trouveraient que vous n’en avez pas fait assez de nous rejoindre pour mettre la main à la pâte », conclut Laurent Berger.

aseigne@cfdt.fr