Un agenda social chargé pour 2010

Publié le 15/02/2010 à 00H00
Les mesures pour amortir les effets de la crise et le calendrier de la reforme des retraites ont été au centre du Sommet social qui a réuni, le 15 février à l'Elysée, syndicats et patronat autour du président de la République.

Preuve, comme l’a rappelé d’entrée François Chérèque, que « même si certains semblent l’avoir zappée, la crise est toujours là », le président de la République a annoncé un bilan des dispositifs mis en place en 2009 d’ici avril, suivi d’un examen des mesures qui peuvent être interrompues, de celles qui doivent être maintenues, voire renforcées. La CFDT insistera lors de ce bilan pour que toutes les mesures qui ont porté leurs fruits l’année dernière – continuer de « former plutôt que de licencier » en utilisant le chômage partiel pour accroitre les qualifications des salariés, prolonger les mesures fiscales de soutien au pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, etc. –  soient poursuivies et améliorées. Mais, pour la CFDT, les conséquences de la crise imposent également élaboration de nouvelles mesures : notamment la reconduite de l’AER (allocation équivalent retraite) et l’attribution du RSA aux moins de 25 ans.

Fins de droits

Concernant spécifiquement les chômeurs en fin de droits, François Chérèque a réitéré sa demande d' « un élargissement de l’accès à l’ASS indépendamment des ressources familiales et droit également à la couverture complémentaire santé » et un financement « par la création d’une tranche supplémentaire d’impôt pour les hauts revenus ». Ce à quoi le président de la République a répondu que le ministre en charge de l’emploi, Laurent Wauquiez, engagera rapidement une concertation avec les partenaires sociaux avec le double objectif d’établir un diagnostic et d’examiner toutes les solutions possibles, en priorité celles qui permettent la réinsertion professionnelle. Le tout sur la base d’un financement commun.

Retraites

Le sujet le plus attendu de ce Sommet social était pour beaucoup la présentation par le président de la République du calendrier de la réforme des retraites : une concertation sera engagée début avril, le chef de l'Etat insistant sur le fait qu' « il n’est pas question de passer en force et aucun projet de loi ne sera débattu en période estivale ». Un projet de loi devrait ensuite être présenté au parlement à l’automne. François Chérèque avait dès son intervention demandé la tenue d’« un débat de société préalable à une réforme des retraites pour que chaque salarié, chaque citoyen en mesure les enjeux et garde confiance dans un système solidaire », tout en mettant le gouvernement en garde : « Cette réforme doit passer par une plus forte lisibilité et une redistribution juste. Toute réforme ne visant qu’un équilibre purement comptable serait vouée à l’échec ». C’est pourquoi, à sa sortie de l’Elysée, il reconnaissait que « l'engagement qu'il n'y ait pas de réforme cet été est une bonne chose », tout en nuançant : « c'est quand même un calendrier assez restreint. Si les discussions ne sont pas arrivées au bout sur le fond, il serait bien qu'on puisse prolonger le débat d'un mois ou deux ». 

photo : AFP
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