SeaFrance : l'avenir de 880 salariés en jeu

Publié le 03/01/2012 à 00H00 (mis à jour le 05/01/2012 à 11H22)
C'est l'avenir des 880 salariés de SeaFrance qui se joue désormais. Les quatre navires de la compagnie maritime assurant la liaison transmanche Calais-Douvres sont à quai depuis sa mise en liquidation judiciaire, le 16 novembre 2011. Le 9 janvier 2012, le tribunal de commerce de Paris se penchera sur le devenir de cette filiale de la SNCF, qui a déjà subi deux plans sociaux depuis 2009.

Que va-t-il advenir des 880 emplois (880 CDI - ils étaient 1 580 en 2009-, jusqu’à 200 CDD selon les saisons et un millier d’emplois induits dans le Calaisis, déjà très impacté par le chômage) ? Le projet de société coopérative et participative porté par la CFDT de SeaFrance – qui représente 80 % des salariés de l’entreprise – reste seul en lice pour la reprise de l’activité, après que « les porteurs de la Scop ont refusé d’étudier toute autre piste et découragé d’éventuels repreneurs, notamment DFDS/LDA, qui s’engageait à maintenir une partie importante des emplois », ont regretté dans un communiqué commun l’Uri CFDT du Nord-Pas-de-Calais et la Fédération générale des transports et de l’équipement. Or, malgré l’engagement de plusieurs collectivités, le financement du projet – quelque 50 millions d’euros sont nécessaires – reste en suspens, ainsi que sa viabilité économique.

Le 2 janvier, le gouvernement a pesé afin que la SNCF fasse « un effort exceptionnel » et verse rapidement aux salariés des indemnités extralégales conséquentes ; libre à eux de les investir dans la Scop. L’Uri, la FGTE et la Confédération ont dénoncé « un marché de dupes proposé aux salariés : choisir entre recevoir leur indemnité de licenciement ou verser celle-ci pour une solution économique et sociale très incertaine » et souligné que « les solutions pour pérenniser l’emploi doivent être recherchées par tous ». Aux niveaux régional, fédéral et national, la CFDT s’y emploie.

Aurélie Seigne