Rassemblement des 1000 DSC : pari gagné !

Publié le 08/12/2009 à 00H00
1 000 délégués syndicaux centraux CFDT se sont rassemblés aux portes de Paris, le vendredi 4 décembre, pour échanger leurs expériences. Une journée exceptionnelle que beaucoup aimeraient voir se renouveler.

La crise a déserté les plateaux de télévision, mais elle est toujours présente dans les entreprises. Si l’on en doutait, le rassemblement des délégués syndicaux centraux CFDT, qui s’est déroulé le 4 décembre dernier à Saint-Denis, aura permis de mettre les points sur les “ i ”. Dans la métallurgie comme dans la grande distribution ou le commerce de détail, les militants doivent toujours faire face à des plans sociaux, des restructurations ou des restrictions budgétaires qui pèsent sur l’emploi et les conditions de travail dans leurs entreprises. En première ligne pour défendre les salariés dans la période, ils ont tenu à réaffirmer haut et fort qu’ils ne baissaient pas les bras.

« Ce rassemblement est à la fois une journée d’écoute et l’expression d’un rapport de forces d’une organisation syndicale qui veut peser sur l’avenir, a expliqué le secrétaire national Gaby Bonnand en introduction. C’est l’occasion de montrer ce que nous faisons dans les entreprises, de montrer le travail des militants qui permet d’obtenir des succès pour les salariés. » La richesse des témoignages qui se sont succédé sur la scène a permis d’apercevoir la diversité des situations rencontrées par les militants mais aussi la grande créativité dont ils font preuve pour inventer à chaque fois des réponses adaptées.

Un travail d'équipe

Jeune militante, Anne-Marie Marin est ainsi parvenue à fédérer sous la bannière de la CFDT les 37 salariés du Comptoir des cotonniers qui se trouvaient sur le carreau, suite au déménagement du siège de l’entreprise de Toulouse à Paris. Sans expérience syndicale, elle a très vite compris comment faire appel aux médias pour peser sur la direction ou comment utiliser les ressources de toute la CFDT pour se faire entendre. « C’est ce travail d’équipe qui nous a permis d’obtenir des réparations pour le préjudice subi, analyse-t-elle aujourd’hui. Nous sommes parvenus à prouver que ce déménagement n’était pas dû à des problèmes économiques, mais bien aux choix stratégiques d’un groupe qui avait les moyens financiers de dédommager de manière convenable les salariés lésés. »

Pour Loïc Seguin, la crise s’est traduite dans son entreprise, sous-traitante de l’automobile, par un PSE de 133 emplois sur 950. En instaurant un rapport de forces constructif avec la direction, la section a pu négocier un excellent accord. « Pour y parvenir, il faut être soutenu par l’ensemble des salariés, assure-t-il aujourd’hui. J’ai pris conscience de l’importance de la communication. Même après avoir négocié des heures avec la direction, il faut prendre le temps de dialoguer avec les collègues pour les tenir au courant de l’avancée des discussions. »

Mais le travail des DSC ne se limite pas à obtenir des indemnités de départ, même si c’est aussi une partie du “ job ”. Plusieurs témoignages ont notamment montré le rôle primordial joué par les structures CFDT pour monter des projets de formation pendant les périodes de chômage partiel et pour convaincre des salariés d’y participer. « J’ai revu un collègue réticent au départ qui, après sa formation, m’a dit qu’il aimerait bien redoubler », raconte un militant, visiblement heureux de sentir que son travail a porté ses fruits.

Se faire entendre

La question des conditions de travail a été également abordée. « Il faut aussi penser aux salariés qui restent dans l’entreprise et à qui on demande toujours plus, souligne Ramon Mosquera, DSC d’un groupe autrichien spécialisé dans la brique. Après un PSE, il y a un choc post-traumatique. Les collègues n’ont pas la tête à leur travail alors même qu’on les sollicite davantage. Cela peut conduire à des accidents. » Et les conditions de travail se dégradent d’autant plus que l’on exige aujourd’hui des salariés une plus grande polyvalence, sans pour autant les former correctement à toutes les nouvelles tâches demandées. « À chaque PSE, nous assistons à des pertes de compétences dramatiques, ajoute-t-il. Dans nos métiers, il y a des gestes qui ne s’apprennent pas à l’école mais au contact des collègues les plus expérimentés. » Serge Corfa, DSC de Carrefour, a de son côté mis l’accent sur l’une des manières de peser face aux directions : participer activement aux assemblées d’actionnaires. « Cette pratique, relativement nouvelle pour les organisations syndicales, permet de se faire entendre et d’obtenir des informations bien utiles », explique ce militant expérimenté qui affiche 6 000 adhérents CFDT issus de nombreux secteurs professionnels. « Nous sommes une miniconfédération à nous tout seuls », plaisante-t-il.

Chargé de conclure cette journée, François Chérèque a rendu hommage au travail de tous les militants CFDT dans les entreprises tout en dégageant des perspectives pour l’avenir. « Aujourd’hui, on fait appel à nous pour gérer les conséquences sociales de stratégies économiques sur lesquelles nous n’avons pas eu notre mot à dire. Nous devons imposer un nouveau dialogue social dans notre pays pour peser en amont. La CFDT a des propositions pour faire évoluer les choses. Le calcul de la rémunération des dirigeants pourrait par exemple intégrer des critères sociaux comme le bien-être au travail des salariés. »

L'action des DSC mise à l'honneur