Penser les politiques industrielles de demain

Publié le 04/11/2009 à 00H00
Dans son édito paru dans le numéro 3238 de Syndicalisme Hebdo, le secrétaire général adjoint précise les attentes de la CFDT concernant les Etats généraux de l'industrie.

Nous n’avons jamais voulu séparer l’économique et le social tant nous considérons qu’ils sont deux facettes indissociables du développement. A contrario, la crise démontre qu’une économie fonctionnant sur les seuls critères de rendement financier nous envoyait dans le mur. La CFDT accueille donc très positivement la décision du gouvernement de lancer les travaux des États généraux de l’industrie. Ce que sera l’industrie dans les années à venir ne sera pas sans effet sur l’emploi, les innovations ou notre capacité ou non de répondre aux défis d’un développement durable.

La crise a réhabilité le rôle de l’État garant des enjeux de long terme dans la sphère économique. Il est salutaire qu’il se saisisse de la question industrielle, mais la solution n’est ni dans le retour d’un état interventionniste et entrepreneur, ni dans un repli national oublieux que notre développement repose pour beaucoup sur la capacité exportatrice des entreprises implantées sur le territoire national.

La dimension européenne, trop peu présente à ce jour dans l’agenda des États généraux est pourtant vitale : c’est le moyen d’amplifier les efforts de recherche, de décupler les forces sur des projets innovants et d’éviter en Europe les concurrences fiscale, sociale, environnementale.

Les états généraux de l’industrie seront utiles s’ils permettent de déboucher sur des propositions concrètes dans trois domaines.

Il faut, tout d’abord, rendre simples et cohérents les outils et les politiques existants – Oséo1, FSI, pôles de compétitivité, grand emprunt, fiscalité écologique – en les inscrivant dans une action de long terme, en mettant en place des structures pérennes permettant veille et action.

Il faut ensuite parvenir à cibler les secteurs stratégiques et d’avenir qui pourraient bénéficier de mesures de soutien spécifique. Ce ne sera pas simple. La tentation de considérer que tout est important a trop longtemps prévalu, conduisant à un saupoudrage contre-productif.

Enfin, il convient de travailler sur tout ce qui, de manière transversale, favorise le développement industriel : recherche et développement, formation, infrastructures…

Mais s’orienter vers une nouvelle politique pour l’industrie n’aura de sens que si l’espace accordé au dialogue social, si l’accompagnement social des mutations à venir, sont à la hauteur de nos exigences.

Le cadre du travail posé par le ministre de l’Industrie permet d’aborder tous ces sujets. L’implication des Uri et des fédérations concernées sera déterminante dans la capacité de la CFDT à faire entendre ses propositions.

Si la conclusion de ces États généraux nous donne quelques perspectives pour apporter des réponses à ceux qui perdent leur emploi aujourd’hui, nous n’aurons pas perdu notre temps. 

(1) Établissement public chargé de soutenir l’investissement et la croissance des TPE-PME.