Négociation assurance-chômage : "Pas d'économies sur le dos des chômeurs !"

Publié le 26/01/2011 à 00H00
Laurent Berger, chef de file de la délégation CFDT, précise ses objectifs, à la sortie de la première séance de négociation sur la convention assurance-chômage.

Comment s’est passée la première séance de négociation sur l’assurance-chômage ?

Elle a été l’occasion de valider la justesse de l’engagement de la CFDT par rapport à la précédente convention puisque personne autour de la table ne l’a remise en cause. Au contraire – à l’exception de la CGT, qui s’est contentée d’une critique de principe –, toutes les organisations syndicales se sont félicitées de son application.

De fait, la convention de 2009, dont même les non-signataires de l’époque reconnaissent aujourd’hui le bien-fondé et les qualités, doit désormais servir de base pour cette négociation dans le dessein de l’améliorer.

Que demande la CFDT pour les demandeurs d’emploi ?

L’objectif de la CFDT est de renforcer les droits et l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Il est donc tout à fait hors de question, comme a essayé de le proposer le patronat, d’envisager de faire des économies sur le dos des chômeurs ! En effet, notre responsabilité en tant que partenaires sociaux dépasse largement la gestion comptable de l’Unédic. Il nous faut aller dans le sens de la création ou de l’évolution de droits de façon à répondre aux enjeux de la situation actuelle, marquée par un chômage de masse, en permettant aux demandeurs d’emploi de bénéficier d’une rémunération juste et d’un accompagnement efficace.

Plus précisément, comment envisages-tu les prochaines séances de négociation ?

Lors des prochaines séances de négociation, la CFDT défendra le maintien des règles actuelles d’indemnisation et demandera la mise en place de droits rechargeables afin de ne pas pénaliser les demandeurs d’emploi qui retrouvent du travail. Parallèlement, nous souhaitons un accompagnement différencié des demandeurs d’emploi en fonction de leur éloignement de l’emploi. Pour cela, la CFDT demande que Pôle emploi adapte son offre de services aux besoins spécifiques de chaque demandeur.

De plus, le chômage étant l’affaire de tous, la CFDT est favorable à l’instauration d’une cotisation dégressive en fonction de la durée du contrat de travail, afin de responsabiliser le patronat.

Il nous reste encore beaucoup à faire d’ici au 31 mars 2010, date à laquelle prend fin l’actuelle convention. Cela dit, la nouveauté cette année, c’est que les positions de la CFDT semblent davantage suivies et soutenues par les autres organisations syndicales. Il s’agit bien là d’une évolution très positive !

Propos recueillis par Nicolas Ballot
 
photo © Olivier Clément