Marcel Grignard : « Plus d'Europe, mieux d'Europe »

Publié le 23/09/2010 à 00H00
Crise économique et sociale, tentation du repli national, emploi, croissance, déficits publics... Pour le secrétaire général adjoint de la CFDT, l'euromanifestation du 29 septembre, à Bruxelles, est l'occasion de rappeler que les défis actuels imposent de chercher des solutions communes.

La crise a-t-elle affaibli l’Europe ?

Deux ans après le début de la crise, la situation économique et sociale reste durablement difficile. Les problèmes de fond révélés au plus fort du séisme demeurent. En frappant de plein fouet la croissance, la crise, entraînant une destruction massive d’emplois, a amplifié les déficits structurels des États. Une menace sérieuse plane sur la pérennité du financement des systèmes de protection sociale. C’est le cas dans la majorité des pays développés ; ça l’est plus encore dans une Europe qui doit relever tout à la fois les défis de compétitivité, d’endettements publics, de démographie et de gouvernance économique. Et ce, alors que la tentation d’illusoires replis nationaux n’a jamais été aussi forte, éloignant les réponses économiques et sociales européennes indispensables à ce qui est la priorité d’une majorité de salariés : l’emploi.

Pourquoi faut-il une réponse européenne ?

Les citoyens européens ont en commun, dans un monde globalisé, des valeurs et un destin. Leurs États ont décidé de la libre circulation des biens, des citoyens, des travailleurs. Ils se sont dotés d’une monnaie commune. Face aux défis à relever, le repli national est une impasse. La stigmatisation des autres oublie l’histoire et insulte l’avenir. Il faut chercher les solutions qui permettent de mieux s’en sortir ensemble. Pas moins d’Europe, mais mieux d’Europe.

La maîtrise des déficits publics est un enjeu national et européen. Cela conditionne notre avenir. C’est aussi une responsabilité vis-à-vis des jeunes générations. Plutôt que d’exacerber la concurrence – fiscale, économique, sociale – entre États européens, il faut penser une politique concertée et coordonnée qui permette de répondre aux enjeux qui se posent à nous.

C’est le sens de la mobilisation européenne du 29 septembre ?

Oui. C’est forte de la conviction que l’Europe n’est pas un problème, mais une solution aux nombreux défis structurels qui se posent à nos sociétés, que la CFDT s’est engagée avec la Confédération européenne des syndicats à faire de l’euromanifestation du 29 septembre une interpellation des responsables européens. L’emploi et la croissance ne doivent pas être sacrifiés au nom d’une austérité qui devient un nouveau paramètre de concurrence entre les États.

La présence des jeunes en tête de cortège, le 29 septembre, a-t-elle valeur de symbole ?

Plus qu’un symbole, la présence des jeunes en tête du défilé bruxellois doit être un signal. Ils sont les premiers touchés par la crise et l’accroissement du chômage. Refuser qu’ils soient la génération sacrifiée ne se résume pas à un slogan. Ce sont les actes qui font la transformation sociale. Notre engagement dans l’euromanifestation est en parfaite adéquation avec l’action pour un autre contenu à la réforme des retraites.

Propos recueillis par A. S.