Les priorités de la CFDT pour le grand emprunt

Publié le 13/10/2009 à 00H00
En attendant les conclusions de la commission Rocard-Juppé d'ici la mi- novembre, la CFDT insiste sur les priorités qu'elle entend voir attribuer à l'emprunt.

«Il est impossible de réfléchir sur l’emprunt en dehors de la question de la dette » qui représente aujourd’hui 73 % du PIB ! Difficile d’être plus clair que François Chérèque face aux ministres du Travail et du Budget, le 12 octobre dernier. En effet, si la CFDT a accepté de discuter du “grand emprunt”, elle pose différents préalables. D’une part il doit être réalisé au moindre coût pour ne pas peser sur les générations futures. La CFDT est donc d’emblée opposée à une souscription populaire qui « avantagerait les Français les plus fortunés qui bénéficieraient ainsi d’une rente d’État financée par l’ensemble des contribuables ». De fait, l’emprunt doit s’accompagner d’une refonte de la politique fiscale dans un sens plus redistributif, donc plus juste ( ce qui comprend bien entendu la suppression du bouclier fiscal ). D’autre part, la CFDT refuse que l’emprunt se substitue aux manques de décisions d’hier : il ne doit en rien financer des dépenses courantes et encore moins des déficits publics accumulés.

Dans l’intérêt des générations futures

Au contraire, il est impératif que l’emprunt prépare l’avenir par « un indispensable saut technologique ». Pour cela, explique Maher Tekaya, secrétaire confédéral, « il doit permettre d’orienter la France vers une économie d’avenir, socialement et environnementalement durable en tenant compte des évolutions démographiques et du vieillissement de la population ». La CFDT insiste donc sur trois grands axes pour l’utilisation de l’emprunt. Il doit tout d’abord favoriser et encourager – par effet de levier – les investissements dans la recherche et le développement. Il doit ensuite permettre de se doter de nouvelles infrastructures innovantes qui seront les fers de lance de l’émergence d’entreprises compétitives dans des secteurs d’avenir. Enfin, l’emprunt doit être l’occasion de donner une réelle cohérence à notre système éducatif en favorisant les parcours de formation tout au long de la vie. Bien entendu, insiste Maher Tekaya, « l’utilisation des fonds ainsi récoltés doit se faire en étroite cohérence avec des dispositifs existants tels que le Fiso  (fonds mis en place à la demande de la CFDT pour 'former plutôt que licencier'». En effet, insiste Gaby Bonnand, secrétaire national en charge de l’économie, « on est devant un gouvernement qui annonce des mesures les unes après les autres sans cohérence entre elles. Il est grand temps justement de mettre en place un système cohérent pour sortir de ces usines à gaz ! »

Concernant la méthode et le calendrier, la CFDT, comme d’autres, a déjà été entendue à de nombreuses reprises, que ce soit par la commission Rocard-Juppé, par les ministres de l’Emploi et du Budget ou par certains groupes parlementaires et il ne faudrait pas que « ces consultations tous azimuts finissent par diluer et rendre inaudibles les apports constructifs ».

 

Les lignes directrices qui doivent régir l’emprunt pour la CFDT

• L’emprunt ne doit pas faire l’objet de versements directs aux entreprises, mais servir d’incitation : les entreprises ne doivent pas pouvoir en bénéficier sans conditionnalité.

• L’emprunt ne doit en aucun cas financer les dépenses courantes et les déficits publics accumulés.

• L’emprunt doit être utilisé en cohérence avec l’ensemble de l’action publique et les outils

qui en découlent comme le Fiso ou le FSI ( fonds stratégique d’investissement ) par exemple.

• L’emprunt doit soutenir la construction de la société et de l’économie de demain en accompagnant les mutations indispensables.

• L’emprunt doit permettre de positionner l’économie sur les secteurs porteurs du développement social et environnemental durable.

• L’emprunt doit garantir les engagements européens de la France.