Les mesures de prise en charge de la pandémie grippale

Publié le 30/07/2009 à 00H00
La probabilité de survenue d'une épidémie grippale d'importance en France à partir de cet automne se confirme de plus en plus.

Le virus A (H1N1)v responsable de la pandémie actuelle est apparu en Amérique du nord (Mexique puis Etats-Unis) début 2009. La pandémie a été déclarée par l’OMS le 25 avril 2009, et classée en phase 6 le 11 juin, ce qui signifie que la contamination est interhumaine et touche au moins deux continents différents. Elle va probablement toucher l’ensemble de la planète. A ce jour plus de 150 pays sont concernés, la barre des 1000 cas vient d’être franchie en France, alors qu’au niveau mondial on annonce le chiffre de 130 000 cas.L’OMS considère la gravité globale de cette pandémie grippale comme modérée car la plupart des personnes touchées guérissent de l'infection sans nécessiter d'hospitalisation ou de soins médicaux. Selon Henri Forest, secrétaire confédéral en charge des questions de santé au travail, « il est très difficile à ce jour de déterminer aujourd’hui l’ampleur que peut prendre cette épidémie en France. Les estimations maximales (sans intervention sanitaire, notamment sans vaccination) fournies par le plan national 'Pandémie grippale'  s’élèvent à 20 millions de personnes touchée, dont un million de personnes hospitalisées. ». L’épidémie durerait de dix à douze semaines avec un pic d’intensité pendant trois semaines1.

Six niveaux d’alerte

En France, le plan national « Pandémie grippale », révisé en 2004 pour faire face à la grippe aviaire, distingue six niveaux d’alerte (cotés de 1 à 6) qui conditionnent la mise en place de mesures concernant l’ensemble de la nation. Le plan national est actuellement en phase 5A  « Ce niveau impose la mise en place de « plans de continuité » obligatoires pour les administrations et les établissements publics et fortement recommandés pour les collectivités territoriales et les entreprises » explique Jean-Pierre Bompard, secrétaire confédéral délégué à l'Energie, à l'Environnement et au Développement durable. Et d’ajouter : « au plus fort de la pandémie les taux d’absentéisme pourront dépasser 50% sur une durée de deux semaines. Si le niveau d’alerte passait en phase 6 cela pourrait avoir pour conséquence une limitation drastique des rassemblements et des transports, donc notamment la fermeture des écoles et des crèches ».

Conséquences économiques et droit du travail

« Par l’ampleur de ses conséquences, la pandémie peut avoir un retentissement important sur l’organisation de la société et la vie économique. Dans ce contexte il faut concilier la poursuite des activités du secteur privé comme du secteur public, et la protection de la santé des salariés des entreprises et des agents de la fonction publique, dans l’intérêt du bon fonctionnement de la société dans son ensemble, même si l’impératif de santé publique deviendra le critère ultime de décision» explique Jean-Pierre Bompard, Les plans doivent prévoir à la fois des modes d’organisation spécifiques et la protection des personnels présents sur les lieux de travail. Elle concerne aussi bien les grandes entreprises que les PME et les TPE, d’autant que les petites entreprises seront souvent plus sensibles à un environnement perturbé. « Sur un plan syndical il sera donc important pour les équipes CFDT de négocier des plans de continuité  d’entreprise ou de service et d’interpeller les branches professionnelles,.  La CFDT prend dés à présent les dispositions pour informer les militants» conclut Henri Forest. Sans oublier de« veiller à ce que le droit du travail ne soit pas mis à mal. »

Nicolas Ballot

 

De la grippe espagnole au virus A (H1N1)v

Une pandémie grippale est une épidémie qui sévit au niveau d’une zone géographique très étendue, plusieurs continents, à l’occasion de l’apparition d’une nouvelle variante de virus résultant d’une modification génétique majeure et contre lequel n'existe aucune mémoire immunitaire dans les populations. Cette modification peut résulter d’une recombinaison entre des virus animaux et humains ou de mutations progressives d’un virus animal, permettant une adaptation à l’homme.

La plus connue des pandémies grippales du 20e siècle est la pandémie dite de la 'grippe espagnole' (virus A H1N1) a touché le monde entier en 1918/1919. Selon les estimations de le l’OMS, au moins 40 millions de personnes en seraient décédées.

Les pandémies, en l’absence de mesures, efficaces évoluent par vague successive, en général 2 ou 3, d’une durée de 8 à 12 semaines, séparées de quelques mois voire davantage. Par rapport pandémies grippales du siècle précédent, la situation en 2009 a évolué. D’un côté, on dispose d’armes nouvelles : capacité de détection précoce, réseaux de surveillance, antiviraux, antibiotiques, plus grande réactivité dans la production de vaccins adaptés. Mais, de l’autre, les liaisons internationales beaucoup plus rapides et le développement de l’urbanisation favorisent la diffusion de l’épidémie.

 

(1) A titre de comparaison, la grippe saisonnière affecte, en moyenne par an 2,5 millions de personnes en France métropolitaine. L’épidémie dure en moyenne neuf semaines. Elle provoque  en moyenne 2000 décès qui à 85% concernent les personnes de plus de 75 ans.

Le site gouvernemental d'information sur la pandémie

Le dossier sur la pandémie sur le site de l'OMS (en français)
Le dossier sur le site de l'INRS

Communiqué de presse n°67 du 19 août 2009