Aquitaine : “On est bien ici... mais en sous-effectif ”

Publié le 10/04/2014

Au Pays basque, comme partout en France, la CFDT s’est mobilisée pour le lancement de sa campagne en vue des élections dans les fonctions publiques. Le 8 avril, les militants orange ont investi le Centre technique municipal de Bayonne, le Conseil général et le CHU de la Côte basque. Partout, ils ont été bien accueillis. Revivez cette journée au plus près des agents.

Fonctions publiques avril 2014 053Bayonne, 7 h 15, le 8 avril. Une quinzaine de bonshommes orange s’agitent à l’entrée du Centre technique municipal. Sous la houlette de Brigitte Lavigne de l’Union régionale Aquitaine et de Michel Larralde de la CFDT-Pays basque, ces militants CFDT distribuent des tracts et le carton « une carte, une idée ! » pour améliorer les conditions de travail, aux 250 agents qui prennent leur service. La semaine d’actions CFDT au plus près des fonctionnaires en est à son deuxième jour ici. L’accueil est souriant. Normal, on est au Pays basque… Autour du café, les langues se délient. « On est bien ici, faut pas se plaindre, même si ça manque d’organisation », estime un agent. « Mais on est en sous-effectif à la signalisation routière », temporise Ramuntxo. « On a aussi des problèmes de dialogue social avec la direction et la hiérarchie », juge un troisième agent. Brigitte Lavigne récupère une vingtaine de cartes à la fin de la distribution de tracts.

La GPEC en questions

Fonctions publiques avril 2014 0778 h 30, direction le Conseil général dans le centre-ville. Après une nouvelle distribution de tracts, quelques salariés profitent de l’heure mensuelle d’information. Brigitte Jumel, secrétaire générale de l’Uffa-CFDT (Union des fédérations des fonctions publiques et assimilés), répond aux questions. Beaucoup d’inquiétudes apparaissent autour de la reconnaissance du travail des agents et de la mise en place de la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences). « Nous sommes favorables à la montée en compétence des agents, explique Brigitte Jumel, mais attention à ne pas faire faire un travail surqualifié à des agents sous-qualifiés ».

100 « une carte, une idée ! » remplies

11 h 30, Centre hospitalier universitaire de Bayonne. Tandis que Patrick Pierron, secrétaire national, explique les objectifs de la campagne CFDT dans les fonctions publiques à la presse locale, la section de l’hôpital, emmenée par Thierry Morel, a mis en place un dispositif très efficace à l’entrée de la cantine. Entre midi et deux heures, plusieurs centaines d’agents passent là. Le temps du déjeuner, une centaine d’entre eux remplissent « une carte, une idée ! ». « Pallier le manque d’effectif », « Passer les CDD en CDI », « Recrutement des AMA (assistants médico-administratifs) », « Remplacement pendant les congés maladie », telles sont quelques-unes des idées suggérées par le personnel présent ce 8 avril.

Des agents épuisés

Fonctions publiques avril 2014 096« On ne prend plus soin des soignants, se plaint Annick Lestrade, cadre kinésithérapeute et adhérente CFDT, on travaille dans l’urgence et on n’a plus de temps pour la prévention des TMS notamment ».  Dans cet hôpital moderne dont une partie est toute récente, tout ne fonctionne pas à merveille. Le dialogue, par exemple, semble en panne dans certains services. « Des collègues travaillant dans des secteurs sensibles me parlent de harcèlement, raconte Thierry Morel, le secrétaire de la section. Certains ne souhaitent pas être vus en ma compagnie et préfèrent qu’on se rencontre en ville. » Surtout, il est question de souffrance au travail. « Des agents courageux ont été beaucoup rappelés pendant leurs jours de congé, mais aujourd’hui, c’est trop, ils sont épuisés », constate le syndicaliste.

Création d’une épicerie sociale

De plus en plus d’agents de la catégorie C sont confrontés à la précarité. « Nous avons eu affaire à des cas dramatiques, se souvient Thierry Morel. C’est au point qu’on envisage de demander la création d’une épicerie sociale à destination de ces personnels. » Heureusement, malgré toutes ces difficultés, certains s’en sortent. C’est le cas de Fabienne et Claudine. Ces deux agents étaient ASH (agent des services hospitaliers). Victimes de TMS en raison de leur travail, elles ont été reclassées comme agents de parking. « Ces postes ont été créés pour nous, raconte Fabienne, mais aussi parce qu’il fallait réguler le stationnement autour de l’hôpital. » Après des débuts difficiles – il a fallu changer les habitudes des usagers –, elles sont aujourd’hui satisfaites de leur reclassement. « Seule la CFDT s’est préoccupée de savoir comment se passait ce changement », reconnaît Fabienne, qui a décidé d’adhérer.   

dblain@cfdr.fr