À Paris, une équipe d’éboueurs CFDT soudée et enthousiaste

Publié le 21/11/2014

À l’atelier de nettoiement du 11e arrondissement de Paris, la CFDT s’est solidement implantée au cours de ces quatre dernières années. Malgré des conditions de travail difficiles, la force du collectif est le moteur de cette équipe.

Ils ont le sourire, les éboueurs du service de nettoiement du 11e arrondissement de Paris, alors qu’ils accueillent Laurent Berger (lire l'édito sur le site du syndicat), en ce vendredi 21 novembre. Dans cet atelier d’une cinquantaine d’agents, la bonne humeur est une constante. L’esprit d’équipe, un principe. Le collectif, une priorité.

Et pourtant, leurs conditions de travail sont difficiles : « Notre secteur est dense et très mouvementé, notamment avec les très grands marchés : celui de Belleville, le marché aux biffins ou les marchés à la sauvette… On retrouve les rues dans un état ! Certains jours, c’est Tchernobyl ! », raconte Pierre Roïz, un éboueur, adhérent CFDT. Sans compter les nombreux bars et boites de nuit du quartier Oberkampf. « Des rues qui ne dorment pas. Le week-end, c’est chaud. À 6 heures du matin, quand on commence la tournée, on tombe sur des gens très éméchés. Certains de nos gars se sont déjà fait agresser », souligne Doucouré Diakariya, encadrant de l’atelier depuis quatorze ans, et très apprécié de ses équipes. « C’est Belleville ! C’est pas l’avenue Montaigne », ajoute un jeune équipier.

Comme la plupart d'entre eux, Pierre habite loin de Paris, et la question des transports est cruciale, surtout pour assurer l’embauche à 6 heures du matin chaque jour, week-ends compris. L’un d’eux explique qu’il habite Meaux, qu’il part de chez lui chaque matin à 4 heures, rejoint l‘est de Paris par le train puis l’atelier, en Vélib… Qu’il vente qu’il pleuve, à 5h30 tous les matins, il pédale, puisqu’à cette heure, les transports en commun ne fonctionnent pas encore.

Une équipe féminisée

Dans cet atelier de nettoiement, ils sont tous éboueurs-cantonniers. Ils balayent, lavent à grande eau, aspirent les feuilles, assurent la collecte des objets encombrants (et parfois très lourds), mais ne conduisent pas d’engins. Ces tâches-là sont dévolues à d’autres ateliers.

Et depuis février dernier, une petite révolution s’est opérée : l’atelier s’est féminisé. L’arrivée d’une encadrante et de deux jeunes agentes a modifié un peu l’équilibre, jusque-là 100% masculin. « Franchement, ça se passe bien », lance Julie, 23 ans, qui semble comme un poisson dans l’eau dans ce métier et dans cette équipe.

Renforcer la place de la CFDT aux élections de décembre

Les responsables du syndicat Interco des Services publics parisiens, qui accompagnent Laurent Berger ce jour-là, écoutent attentivement les agents. Ils notent les requêtes en matière d’amélioration des conditions de travail. Françoise Riou, secrétaire générale du syndicat, leur explique : « En ayant des représentants dans les instances pour lesquelles vous allez voter le 4 décembre, on sera encore mieux à même de vous défendre ».

De bons résultats aux élections conforteraient la CFDT dans son implantation, désormais solide, au sein de la direction de la propreté de Paris, ex-bastion CGT. « Il y a quatre ans, nous n’étions implantés nulle part », rappelle Rémi Vilus, responsable de la section. Françoise Riou souhaite rester prudente sur l’issue des élections. Il y a pourtant fort à croire qu’au soir du 4 décembre, rien n’aura terni la bonne humeur à l’atelier du 11e

epirat@cfdt.fr