Les droits des femmes sont un droit de l'homme

Publié le 03/03/2011 à 00H00 (mis à jour le 07/03/2011 à 09H25)
Depuis un siècle, le 8 mars est la date de célébration de la Journée internationale des femmes partout dans le monde. Non que le combat pour l'égalité des droits soit l'affaire d'une journée ou d'une frange de la société. Mais parce qu'il permet à chacun de faire le point sur le chemin parcouru.

Avec le temps, les avancées obtenues dans nos sociétés occidentales peuvent parfois nous apparaître naturelles. Or ces acquis – droit de vote, droit à la propriété, droit à un travail rémunéré, droit à l’avortement – ne doivent pas être minorés. Ils sont le fruit de batailles sociales, syndicales et féministes qui ont forgé nos socié­tés contemporaines. Dans d’autres endroits du monde, où les droits des femmes ne sont encore qu’un rêve, ces acquis sont regardés en modèle.

Les conflits armés, les exactions dont sont victimes chaque année des milliers de femmes ne peuvent nous laisser indifférents. Ils nous rappellent à notre devoir moral : porter haut les fondements mêmes de la dignité humaine pour en faire des valeurs universelles. Oui, la journée internationale des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante d’actualité. En témoigne la création, il y a quelques jours à New York, de l’agence Onu Femmes. Cette entité, dirigée par l’ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet, est primordiale à un moment où des aspects du débat sur la condition féminine au sein des Nations unies sont gelés par crainte de régression.

Par-delà son aspect international, le 8 mars est aussi pour la CFDT l’opportunité de revenir sur notre combat syndical quotidien en vue d’obtenir une meilleure prise en compte de l’égalité dans les entreprises et les fonctions publiques. La loi portant réforme des retraites nous impose une nouvelle date butoir. Au 1er janvier 2012, les entreprises n’ayant pas conclu un accord sur l’égalité professionnelle ou mis en place un plan d’action afin de résorber les inégalités seront financièrement sanctionnées. Nous pouvons regretter les insuffisances d’un tel dispositif. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’agir.

Ce 8 mars 2011 est l’occasion de faire d’une nouvelle obligation légale un levier de négociation au sein de l’entreprise. Au moment où s’ouvrent les négociations annuelles obligatoires, cela vaut le coup de s’en saisir. Ne laissons pas, au prétexte d’un désaccord sur la forme, passer l’opportunité de faire avancer ce pour quoi nous nous battons depuis tant d’années.?

Laurence Laigo, secrétaire nationale