Le RSA, une innovation sociale pour lutter contre la pauvreté

Publié le 03/06/2009 à 00H00
Retrouvez l'édito d'Annie Thomas secrétaire nationale, paru dans le numéro 3220 de Syndicalisme Hebdo.
 

Depuis l’origine, pour la CFDT, le RSA (revenu de solidarité active) est une bonne mesure. Aujourd’hui, la crise le rend opportun. La CFDT, qui s’est fortement impliquée dans sa construction depuis 2005, salue sa mise en place au 1er juin.

Ni un salaire, ni un contrat de travail, le RSA est un complément de revenu pérenne. Il s’agit d’une innovation sociale. C’est un levier nouveau pour faire reculer la pauvreté, et qui de surcroît facilite l’accès aux droits par la simplification du nombre d’allocations sociales et le maintien de droits sociaux tels que la CMU (couverture maladie universelle).

Le RSA va concerner 1,5 million d’allocataires de minima sociaux sans emploi, avec des droits et des devoirs, une ouverture à un suivi et à des formations par Pôle emploi. Il s’adresse aussi à deux millions de salariés pauvres (et aux 200 000 travailleurs indépendants) que compte notre pays. Le RSA innove aussi en retournant une logique s’attachant au statut administratif des personnes, qui introduit des inégalités dans la répartition de certaines aides. C’est au contraire les situations sociales et économiques des personnes et de leur foyer qui sont déterminantes pour en bénéficier.

C’est bien pourquoi la CFDT attend non seulement du RSA qu’il fasse reculer la pauvreté, mais qu’il permette à un plus grand nombre de personnes qui en sont exclues de retrouver le chemin de l’emploi. Dix-sept mois d’expérimentations ont montré que c’était possible. Et pas forcément pour trouver des temps partiels dont on accuse a priori le RSA de favoriser l’extension. Le RSA n’est pas une aide aux entreprises, c’est une mesure de pouvoir d’achat, qui n’est pas inscrite sur la fiche de paie.

Avec la mise en place du RSA, nous considérons que les organisations syndicales ont une responsabilité particulière. Notamment parce que les deux millions de travailleurs pauvres concernés par le RSA se concentrent dans certains secteurs, comme par exemple celui des services. Pour la CFDT, il s’agira d’un axe d’action pour rencontrer sur le terrain ces salariés dont beaucoup ne connaissent pas leurs droits.

Nous devrons aussi aller plus loin. Agir pour mettre à contribution les plus hauts revenus pour le financement du RSA, évaluer et suivre sa mise en place afin de contrecarrer des effets d’aubaine par des entreprises ou des branches qui pourraient le considérer comme un instrument de gestion de l’emploi à bas coût. Nous voulons aussi parvenir à ce qu’il soit ouvert à tous les salariés, quel que soit leur âge et pas seulement selon leur situation familiale, et que Pôle emploi puisse assurer un accompagnement renforcé.

Vingt ans après le RMI (revenu minimum d’insertion), son prolongement par le RSA ouvre des perspectives nouvelles pour que le volet de l’insertion devienne une réalité.