Le gel du point d'indice passe mal !

Publié le 09/05/2011 à 00H00
Pour la deuxième année de suite, le gouvernement a annoncé le gel du point d'indice des fonctionnaires en 2012. Plus de cinq millions de salariés sont concernés par cette mesure.

La réunion du 19 avril entre les organisations syndicales et le ministre du Budget illustre à merveille la politique du gouvernement en matière de rémunération dans les fonctions publiques : le refus de toute négociation ! François Baroin s’est contenté de confirmer ce que l’on pouvait lire dans la presse depuis plusieurs jours, à savoir le gel du point d’indice de la fonction publique pour la deuxième année consécutive. Il n’a pas même pris la peine de répondre aux syndicats. « Le discours du ministre n’a pas été publié, et aucun communiqué de presse n’a été diffusé à l’issue de la réunion, souligne malicieusement Mylène Jacquot, secrétaire générale adjointe de l’Uffa-CFDT. Au moment où Nicolas Sarkozy était en train de discourir sur le pouvoir d’achat des salariés, il était sûrement inapproprié de s’exprimer trop fortement sur cette mesure ! »

La longue attente d'une politique salariale cohérente

Cette décision est évidemment lourde de conséquences pour plus de cinq millions de salariés – d’autant que c’est la première fois depuis 1948 que le point d’indice n’est pas réévalué sur deux ans. Le net décalage qui existe déjà entre le niveau d’inflation et l’évolution du point d’indice devrait encore se creuser. D’ailleurs, les derniers chiffres publiés par l’Insee parlent d’eux-mêmes : entre 1999 et 2010, l’inflation a été de 19,2 %, et l’évolution du point d’indice de 9,93 %. Avec une inflation qui est repartie à la hausse, gageons que la situation ne va pas s’améliorer. Pour Mylène Jacquot, « le décrochage actuel est inacceptable. À ce rythme, les mesures liées à l’ancienneté ou les promotions ne feront que compenser les effets de l’inflation. Il faut absolument que soit mise en place une politique salariale cohérente dans la fonction publique, en y associant les partenaires sociaux. »

Selon l’Uffa-CFDT, les rémunérations dans la fonction publique ne peuvent être considérées comme une variable d’ajustement budgétaire, ainsi que cela semble être le cas ces dernières années. Car le gouvernement ne s’est pas contenté de geler le point d’indice ; il s’est également refusé à réviser les grilles de salaires, pourtant percutés par l’augmentation du Smic.

« Même si nous avons clairement conscience de la situation délicate dans laquelle se trouvent les finances publiques, le gouvernement ne peut avoir comme objectif de faire des économies sur les salaires des agents, insiste Mylène Jacquot. La fonction publique doit continuer d’attirer les nouvelles générations de salariés. Lorsque l’on voit, par exemple, la très forte baisse du nombre d’étudiants qui passent les concours de l’enseignement cette année, il faut se poser des questions. Le niveau de rémunération proposé n’explique sûrement pas tout, mais c’est un des facteurs à prendre en compte. »