Le fonds d'investissement social se met enfin en place

Publié le 10/04/2009 à 00H00
Annoncé le 18 février, le Fiso a été officiellement installé ce 10 avril à l'Élysée, en présence des partenaires sociaux, associés à son pilotage. Pour la CFDT, un des enjeux est de former massivement les salariés en vue de la sortie de crise.

C’est le principal acquis du sommet social du 18 février. À l’origine, le fonds d’investissement social est une revendication de la CFDT pour « alléger les conséquences de la crise pour ceux qui en payent le prix lourd », a rappelé le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque : « les jeunes qui vont avoir plus de difficultés à trouver un emploi, les salariés qui ont perdu ou vont perdre leur emploi et ceux qui sont confrontés à une activité fortement réduite ».

Ce Fiso a été officiellement mis en place vendredi 10 avril à l’Élysée. Dispositif conjoncturel pour faire face à la crise, il « a pour objet de coordonner les efforts en faveur de l’emploi et de la formation professionnelle accomplis par l’État et les partenaires sociaux dans la lutte contre la crise », indique le document constitutif du fonds.

Amplifier les actions pour l’emploi et la formation

L’idée initiale de la CFDT de « former massivement les salariés plutôt que licencier » a été précisée. Le Fiso prévoit notamment l’amélioration de l’indemnisation du chômage partiel de 60 à 75% du salaire brut, prime forfaitaire de 500 euros aux demandeurs d’emplois non indemnisés, la reconversion des salariés bénéficiaires du contrat de transition professionnelle et de la conversion de reclassement personnalisé, la formation des demandeurs d’emploi et des salariés peu qualifiés ou en chômage partiel et renforcement des politiques d’emploi et de formation professionnelle des jeunes.

Piloté par une cellule composée des responsables des organisations syndicales et d’employeurs et présidée par la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, qui sera appelée à se réunir chaque mois, le fonds d’investissement social coordonne des dispositifs jusqu’alors épars, qu’il vise à amplifier. Pour ce faire, le Fiso « accorde un label aux programmes, actions ou dispositifs légaux, réglementaires ou partenariaux existant ou à créer », précise le document constitutif. « Au-delà, nous souhaitons que le fonds d'investissement soit lui-même force de proposition », a indiqué François Chérèque à l’Élysée.

Un financement insuffisant

Des questions demeurent encore en suspens. À commencer par le financement. Lors du sommet social du 18 février, le chef de l’État avait annoncé une dotation de 2,5 à 3 milliards d’euros, dont la moitié amenée par l’État. « Le budget du Fiso est très insuffisant, regrette le secrétaire national Marcel Grignard : il faudrait 5 à 7 milliards pour former 300 000 à 500 000 personnes d’ici la fin 2010. »

Pour atteindre cet objectif ambitieux, la CFDT proposait de l’abonder grâce à la suspension du bouclier fiscal et au contingentement des heures supplémentaires défiscalisées, symboles d’injustice sociale en ces temps de crise. Lors de l’installation du fonds, le chef de l’État s’est dit ouvert à un accroissement des moyens financiers si nécessaire. Une nouvelle réunion, avant l’été, devra permettre de tirer les premiers enseignements du fonctionnement du Fiso et de procéder aux éventuels ajustements. La première réunion de la cellule de pilotage devrait quant à elle se tenir d’ici la fin avril.

Le secrétaire général de la CFDT a redit ses objectifs : « Au final ce qui compte, ce n'est ni d'où provient l'argent, ni qui a monté ce projet. L'évaluation portera sur la qualité des projets, sur l'aide réellement apportée aux salariés et, à terme, sur la compétitivité de notre pays. » François Chérèque a rappelé que « pour la CFDT, il y a urgence » : « Urgence parce que chaque jour des salariés perdent leur emploi ou sont sous le coup d’une annonce d’un plan social, des jeunes ont plus de difficultés à trouver un stage ou un emploi. Il est grand temps de donner à chacun un peu d’espoir dans une crise qui nourrit inquiétudes et incertitudes. » Le Fiso est en place. Reste à le rendre opérationnel à très brève échéance.

photo :  © Ludovic/REA