Le 17 octobre, la jeunesse s'active et refuse la misère

Publié le 14/10/2010 à 00H00
La pauvreté des jeunes, leur volonté d'engagement, le regard que porte sur eux la société font partie des sujets abordés lors de la Journée mondiale du refus de la misère, à laquelle participe la CFDT.

La jeunesse est une chance, pas un problème : tel est le message qu’ATD Quart Monde veut faire passer ce 17 octobre, lors de la 24e Journée mondiale du refus de la misère. Cette année encore, de nombreuses manifestations auront lieu partout sur la planète. « Ateliers de création artistique, théâtre, débats, chants et même une course contre l’exclusion, tous les moyens seront bons », indique l’association fondée par le père Joseph Wresinski. À Paris, le rendez-vous du Trocadéro apportera son lot d’animations artistiques et sportives, de chants, forums et témoignages. Une délégation CFDT emmenée par Laurent Berger, secrétaire national, assistera à cette journée si particulière. Des initiatives seront prises dans toute la France : à Amiens, Bourg-de-Péage, Lens, Reims, Rennes, Soissons, Vannes, Villeneuve-d’Ascq… Comme chaque année, la Confédération appelle ses équipes à s’associer à ces manifestations.

Vague de paupérisation
Après l’école, l’an dernier, ATD Quart Monde a donc choisi la jeunesse comme thème du 17 octobre 2010. Partout à travers le monde, l’association a organisé des rencontres afin de donner la parole aux jeunes. Sur l’Ancien Continent, la démarche s’est inscrite dans le cadre de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Les jeunes ont ainsi exprimé leur volonté de ne « pas être bradés sur l’autel de la crise économique et financière mondiale ». Car cette dernière a bel et bien renforcé les phénomènes de pauvreté dans les familles et fermé un peu plus les portes de l’emploi aux jeunes qui sortent de formation.

Cela dit, l’augmentation de la précarité et la diminution des ressources des jeunes précèdent la crise de 2008. Un rapport de l’Observatoire des inégalités, publié à la fin avril, indique que « le taux de pauvreté des 18 à 29 ans est passé de 9,2 à 11,5 % » entre 2002 et 2007 en France, alors qu’il n’avait cessé de diminuer auparavant. « La dégradation est considérable. Compte tenu de la hausse du chômage, il est très probable que le nombre de jeunes vivant sous le seuil de pauvreté a encore nettement progressé », expliquent les auteurs de l’étude. Et les mailles du filet de sécurité qu’aurait pu constituer le RSA jeunes sont beaucoup trop larges pour enrayer ce phénomène.

Des jeunes pragmatiques
« Il existe une véritable culpabilisation de la jeunesse par les générations qui les précèdent, déclare Laurent Berger. La journée du 17 octobre a notamment pour but de démystifier ces idées reçues, de faire entendre au public les difficultés d’être jeune en 2010, de porter la voix de ces moins de 30 ans qui s’investissent dans la société et n’ont pas envie de la subir. »

Le constat d’ATD Quart Monde et de la CFDT est clair et largement corroboré par de nombreuses études : la jeunesse veut s’engager. « Elle le fait différemment des générations précédentes, explique Thiébaut Weber, secrétaire confédéral. Les jeunes s’investissent plus souvent dans des structures locales et veulent un retour concret sur leur investissement personnel. Ils sont très pragmatiques dans la réalisation de leurs rêves. C’est pourquoi une organisation comme la CFDT, qui ne se paie pas de mots, se trouve bien placée pour les accueillir. » Mais attention, précise Laurent Berger : « Les jeunes s’investissent là où on leur laisse de la place. À nous d’adapter nos pratiques pour ne pas les décourager à venir renforcer nos rangs. Nous devons permettre aux jeunes salariés de s’approprier l’outil syndical. »

Plus d'info sur le site de la Journée monidale du refuse de la misère