La France dans la moyenne des pays de l'OCDE pour l'emploi public

Publié le 22/02/2011 à 00H00
Le tableau de bord de l'emploi public 2010 en France va à l'encontre de beaucoup d'idées reçues. Par exemple, le taux d'encadrement des élèves dans le primaire et l'enseignement supérieur est l'un des plus faibles des pays de l'OCDE

Par rapport à nos voisins européens, l’emploi public en France serait-il surdimensionné ? À entendre la rhétorique gouvernementale, la question ne se pose même pas. Il existerait une spécificité française qui justifie la politique menée depuis plusieurs années de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Pourtant, le tableau de bord de l’emploi public 2010 – qui vient de paraître – montre que la France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE, à un niveau semblable à celui du Royaume-Uni, avec 90 emplois publics pour 1 000 habitants.

De nombreuses similitudes entre pays.

Publié par le Centre d’analyse stratégique ( institution placée auprès du Premier ministre ), le rapport qui compare la situation de l’emploi public en France avec celle des pays de l’OCDE s’avère très instructif car il va à l’encontre de pas mal d’idées reçues sur le ­sujet. Dans les faits, la situation de l’emploi public de l’Hexagone se révèle très proche de celle des principaux pays développés, quels que soient les indicateurs retenus.

Ainsi, la France se ­situe non seulement dans la moyenne pour le nombre d’emplois publics, mais aussi pour les dépenses liées aux rémunérations. Ces dernières représentent entre 10 et 12 % du PIB, un taux en baisse depuis quinze ans – comme, d’ailleurs, dans la plupart des pays de l’OCDE.

La part élevée de l’emploi public dans l’emploi total.

La répartition des dépenses liées aux rémunérations est aussi identique dans la quasi-totalité des pays étudiés. En France, 31 % des rémunérations publiques sont consacrées à l’éducation, 18 % à la santé, 10 % à la protection sociale, 8 % à la défense et 5 % à l’ordre et à la sécurité. Toutefois, nous nous distinguons par la part élevée de l’emploi public dans l’emploi total, qui est proche de 22 % contre 15 % dans l’OCDE en moyenne. Seuls les pays nordi­ques affichent des taux plus importants ( 29 % pour la Suède ).

Si, finalement, les grands équilibres se révèlent assez semblables au sein des pays de l’OCDE, les auteurs du rapport mettent quand même en évidence des différences assez étonnantes lorsqu’ils procèdent à une étude secteur par secteur – particulièrement en ce qui concerne l’éducation. Le taux d’encadrement des élèves dans l’enseignement primaire et supérieur français est le plus bas de l’OCDE : cinq enseignants pour cent élèves dans le primaire ( contre le double en Grèce ou en Italie ) et cinq enseignants pour cent étudiants ( contre onze en Suède ).

Dans le secondaire, en revanche, la France se situe dans la moyenne avec huit enseignants pour cent élèves. « Une analyse fonctionnelle plus fine de l’emploi public français montre que le taux globalement élevé d’administration peut coexister avec des “poches” de sous-administration sectorielle ou spatiale », affirment les auteurs du rapport, qui estiment notamment que l’État « opère peu d’arbitrage dans l’affectation des ressources humaines entre ses principaux objectifs ».