La CFDT précise ses propositions avant le sommet social du 18 février

Publié le 16/02/2009 à 00H00
Lors d'une conférence de presse, le 16 février, François Chérèque a explicité les propositions de la CFDT face à la crise.

« La semaine sociale s’annonce chargée ». François Chérèque a planté le décor d’entrée de jeu, lors de sa conférence de presse du lundi 16 février. En effet, la rencontre entre les partenaires sociaux et le président de la République, prévue le 18 février, dont la CFDT « espère des résultats concrets pour les salariés », se tient dans un contexte particulier : la France est traversée de mouvements sociaux, notamment aux Antilles. Cela traduit « une peur de l’avenir de la part des salariés, insiste le secrétaire général de la CFDT, mais également le sentiment de payer les conséquences d’une crise dont ils ne sont en rien responsables ». Le tout sur fond d’ « incompréhension grandissante vis-à-vis des réformes menées par le gouvernement ». C’est en tenant compte de ce contexte que la CFDT a présenté, le 10 février, à pas moins de cinq ministres ses grands objectifs. Des objectifs reprécisés en conférence de presse lundi par François Chérèque, qui rappelle que ceux-ci reprennent « les trois grands thèmes de la plate-forme de l’intersyndicale », tout en insistant sur le fait que face à une crise qui sera à n’en pas douter longue, « la mobilisation doit continuer ».

Un fonds d’investissement social

En premier lieu, la CFDT revendique la mise en place d’un fonds d’investissement social « doté de 5 à 7 milliards d’euros », qui doit permettre de « répondre aux besoins immédiats des salariés confrontés à la crise tout en créant les conditions d’une sortie de crise favorable à l’économie, à la compétitivité des entreprises et à l’emploi ». En effet, alors que la France a depuis plus de 15 ans fait le choix des allégements de charges sur les postes les moins qualifiés plutôt que de jouer la carte de l’amélioration de la formation et des compétences, ce fonds doit permettre de « former massivement plutôt que de licencier » et ainsi de préparer les salariés aux emplois de demain. Sont particulièrement concernés, les salariés privés d’emploi, les salariés en chômage technique et les salariés en sous-activité dans leur entreprise. Toutes ces mesures sont, comme le précise François Chérèque, « clairement conjoncturelles et donc déconnectées de l’assurance-chômage ». Le fonds doit également « accompagner les jeunes vers l’emploi ». Une action qui relève de la responsabilité de l’État et que la CFDT propose de financer par « la suppression de certains dispositifs de la loi Tepa, en revenant sur le bouclier fiscal et en contingentant les heures supplémentaires défiscalisées ».

Soutenir le pouvoir d’achat

Alors que le pouvoir d’achat des ménages est en chute libre, la CFDT revendique « une double relance par l’investissement et la consommation ». Il est en effet indispensable « d’une part, d’empêcher qu’un certain nombre de salariés basculent dans la pauvreté et, d’autre part, de soutenir les salariés de la classe moyenne ». Cela passe en particulier par une accélération de la mise en place du RSA, une anticipation de l'augmentation du Smic et un complément d’indemnisation par l’État pour le chômage partiel ou les jeunes demandeurs d’emploi. De même, il est impératif de « limiter les dépenses contraintes des salariés et des ménages » en renforçant et en généralisant les aides au logement, aux transports, à la complémentaire santé, ainsi que le crédit d’impôt pour favoriser l’utilisation du Cesu pour les services à la personne.

Concernant la fiscalité, la CFDT propose « la suppression partielle du deuxième tiers de l’impôt sur le revenu pour les première et deuxième tranches », ainsi que « des baisses ciblées de la TVA ». Enfin, si la Confédération n’est pas opposée à une éventuelle révision de la taxe professionnelle, elle s’oppose fermement à ce que cela se traduise par un transfert direct ou indirect sur les salariés et les ménages.

Reprendre la réforme de l’État

Après les 23 000 suppressions de postes en 2008, la CFDT exige un gel des suppressions d’emploi dans les fonctions publiques et l’ouverture d’une réflexion et d’un réel dialogue sur l’évolution de l’emploi public et les parcours professionnels des agents. De plus, la CFDT « demande à l’État de dépassionner le débat sur la RGPP en y associant les partenaires sociaux ».

Le secrétaire général a enfin déploré l’absence de coordination des politiques européennes. Absence qui se traduit par exemple par des plans nationaux de soutien à l’automobile et risque de conduire à un accroissement de la concurrence entre les constructeurs européens que les salariés paieront. « Plutôt que le protectionnisme et le chacun pour soi qui mettent tout le monde en péril », la CFDT « estime indispensable un plan de relance concertée au niveau européen, ainsi que l’harmonisation des politiques fiscales et la suppression des paradis fiscaux sur le territoire de l’UE ».

 
 

Une nouvelle gouvernance des entreprises

La CFDTdemande la mise en place d’une nouvelle gouvernance des entreprises, c’est-à-dire de repenser et de rénover la responsabilité des entreprises vis-à-vis de leurs sous-traitants, de la redistribution des richesses entre les actionnaires et les salariés ainsi que de la rémunération des managers. Cela doit se traduire par une « modification des lieux de dialogue social dans l’entreprise en amont des décisions », ce qui permettrait d’ « associer les représentants des salariés aux choix stratégiques des entreprises ». Mais également par « la conditionnalité des aides publiques à un comportement socialement responsable des entreprises ».

 
Dossier de presse du 16 février 2009
La CFDT expose ses objectifs prioritaires aux ministres en vue du 18 février
La CFDT prête au dialogue le 18 février, mais la mobilisation reste de mise