La CFDT expose ses objectifs prioritaires aux ministres en vue du 18 février

Publié le 10/02/2009 à 00H00
la CFDT a été reçue par pas moins de cinq ministres le 10 février afin de préparer la rencontre des partenaires sociaux avec le président de la République prévue le 18 février.

La délégation CFDT emmenée par françois Chérèque1 a présenté aux cinq membres du gouvernement2 ses propositions concrètes en faveur des salariés en cette période de crise économique. Ces propositions sont construites autour de 3 objectifs prioritaires.
Premièrement la CFDT demande la mise en place d’un fonds d’investissement social qui doit permettre de répondre aux besoins immédiats des salariés confrontés à la crise tout en créant les conditions d’une sortie de crise favorable à l’économie, la compétitivité des entreprises et l’emploi. Ce fonds doit notamment permettre de « former massivement plutôt que de licencier » et d’« accompagner les jeunes vers l’emploi ».
Deuxièmement, la CFDT revendique le soutien du pouvoir d’achat pour relancer la consommation et l’économie. Il est en effet indispensable, d’une part d’empêcher qu’un certain nombre de salariés ne basculent dans la pauvreté. Il faut d’autre part soutenir les salariés de la classe moyenne inférieure. Cela passe en particulier par une accélération de la mise en place du RSA, une anticipation de l'augmentation du Smic et un complément d’indemnisation par l’Etat pour le chômage partiel ou les jeunes demandeurs d’emploi. De même, il est impératif de mettre en place ou de renforcer les aides au logement, aux transports, à la complémentaire santé… Enfin, concernant la fiscalité, la CFDT demande la suspension de la loi Tepa (bouclier fiscal, heures supplémentaires défiscalisées) et des baisses ciblées de TVA. De même, si la Confédération n’est pas opposée à une éventuelle révision de taxe professionnelle, elle s’oppose fermement à ce que cela se traduise par un transfert direct ou indirect sur les salariés et les ménages.
Troisièmement, la CFDT souhaite un gel des suppressions d’emploi dans les fonctions publiques et l’ouverture d’une reflexion et d’un réel dialogue sur l’évolution de l’emploi public.
La délégation CFDT a également insisté sur la nécessité de mettre en place une nouvelle gouvernance des entreprises, c'est à dire de repenser et de rénover la responsabilité des entreprises vis-à-vis de leurs sous-traitants, la redistribution des richesses entre les actionnaires et les salariés ainsi que la rémunération des managers. Enfin, la CFDT a déploré l’absence de coordination des politiques européennes. Absence qui se traduit par exemple par des plans nationaux de soutien à l’automobile et risque de conduire à un accroissement de concurrence entre les constructeurs européens que les salariés paieront.
Rendez-vous est désormais pris avec le président de la République, le 18 février pour débattre de ces propositions avec toujours pour but pour la CFDT d’obtenir des avancées concrètes pour les salariés qui plus que jamais sont les premières victimes de la crise.

(1) La délégation de la CFDT conduite par François Chérèque, comprenait Marcel Grignard, Gaby Bonnand et Laurence Laigo, secrétaires nationaux, et Christian Janin, secrétaire confédéral

(2) Le gouvernement était représenté par Brice Hortefeux (Travail), accompagné de Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget, Fonction publique), Laurent Wauquiez (Emploi) et Martin Hirsch (Solidarité et Jeunes)


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