L'Europe s'engage pour faire reculer la pauvreté

Publié le 03/03/2010 à 00H00
L'Union européenne a consacré 2010 Année de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. En France, 68 actions de terrain ont été retenues afin de distinguer les bonnes pratiques.

La France a officiellement lancé sur son territoire l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, thème choisi par l’Union européenne pour 2010, l’Islande et la Norvège y étant associées. Le 18 février, plusieurs centaines de représentants d’associations, de travailleurs sociaux, de collectivités locales et des partenaires sociaux ont participé, à Paris, à sa journée d’ouverture. Laurent Berger, secrétaire national, Chantal Richard et Jacques Rastoul, secrétaires confédéraux, étaient présents pour la CFDT. Avec 17 % de sa population (soit 80 millions de personnes) vivant sous le seuil de pauvreté (dont 8 millions en France), l’Europe a décidé d’orienter le projecteur vers cette situation, qui s’aggrave avec la crise. Dans son dernier rapport annuel, l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale relève que « la dégradation du marché du travail, en touchant les personnes qui étaient déjà les plus vulnérables, engendre un risque d’irréversibilité du chômage et de la pauvreté ».

Cette Année européenne a commencé avant le 1er janvier dernier pour la France, puisqu’un appel aux projets de terrain pour lutter contre l’exclusion a été lancé courant 2009 par le haut-commissariat aux Solidarités actives contre la pauvreté. Environ 600 projets lui sont parvenus,

et 68 d’entre eux ont été sélectionnés par le comité de pilotage, auquel participe la CFDT. Menés notamment par des associations, des centres communaux d’action sociale, des départements, ils concernent des actions culturelles, l’accès aux droits, au logement, à la santé et peuvent être ciblés sur les jeunes. Une partie de ces projets doit faire l’objet d’une labellisation par la Direction générale de la cohésion sociale (qui remplace depuis peu la Direction générale de l’action sociale).

Un travail au sein du collectif Alerte contre l’exclusion doit également aboutir à l’élaboration de fiches de bonnes pratiques, adaptées à chaque partenaire : délégué syndical, travailleur social, association d’insertion, etc. « La CFDT porte ce projet au sein du collectif, précise Chantal Richard. Le but est d’obtenir une labellisation de l’État. » Lors d’une table ronde organisée à l’occasion de la journée de lancement, Laurent Berger a insisté sur le fait de « travailler avec les gens qui vivent ces situations de pauvreté. Nous devons certes avoir une approche macroéconomique de ces réalités, mais également une approche microéconomique, comme la CFDT l’a fait avec les sites pilotes contre l’exclusion ».

Parcours d’insertion et accès aux droits

Parallèlement à ces initiatives, trois grands thèmes serviront de fil rouge tout au long de cette année : le partenariat territorial (afin de renforcer la coordination de l’action locale), les parcours d’insertion et la construction de l’accès aux droits et à la citoyenneté active. Des séminaires régionaux seront organisés, à Lille en septembre, à Rennes en mai et à Marseille en juin. Pour le gouvernement, cette Année européenne doit contribuer à atteindre l’objectif réaffirmé par Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives, d’une diminution d’un tiers de la pauvreté entre 2007 et 2012. Et ce, malgré la crise. Les intervenants de la journée de lancement ont abordé le bilan de la politique du gouvernement en la matière, notamment la mise en place du RSA (revenu de solidarité active) et, plus récemment, du contrat unique d’insertion. « Le RSA est encore méconnu d’un grand nombre de salariés, souligne Laurent Berger. Certains le refusent, nous devons encore travailler sur les représentations et la stigmatisation dont beaucoup de salariés craignent d’être les victimes. Quant au contrat unique d’insertion, il faut veiller à ce qu’il aille bien aux publics les plus concernés. Il faut éviter d’aller au plus facile et oublier les personnes les plus éloignées de l’emploi. »