Guy Ryder pérennise la journée du 7 octobre pour le travail décent

Publié le 25/06/2010 à 00H00 (mis à jour le 28/06/2010 à 10H15)
Après 4 jours de Congrès et 117 interventions, Guy Ryder, le secrétaire général de la CSl, a fait le point sur les messages clés envoyés par les congressistes. Il en a relevé une dizaine qui seront introduits dans la résolution.

Le premier constat du secrétaire général est que « globalement le rapport reflète les préoccupations essentielles des congressistes ». Cependant pour Guy Ryder, devant la gravité de la crise mondiale et ses conséquences pour les salariés, il faut que cette résolution soit « un appel à la résistance ». Car l'enjeu, « lorsque les droits fondamentaux des salariés sont violés, c'est que la démocratie, elle-même, est menacée ».

Ensuite, la résolution doit faire plus clairement référence à la nécessité de réglementer les marchés. « Si les gouvernements ne le font pas, les processus démocratiques n'auront plus de sens ». A propos des services publics et des salariés de ce secteur, Guy Ryder a ensuite insisté sur l'offensive dont ils font l'objet : « Il faut maintenir l'accès aux services essentiels, et notamment l'éducation et la santé » a-t-il martelé.

Le secrétaire général a ensuite noté que le dialogue engagé par la CSI avec le G20 est validé. Il a souligné qu'il faudra exiger du G20 qu'il prenne davantage en compte la voix des salariés et de leurs syndicats qui ne sont pas représentés au G20. La résolution fera également état de la nécessité de se joindre à d'autres organisations dans la lutte contre la corruption.

De nombreuse interventions ont plaidé pour inclure davantage les salariés du secteur informel, les femmes et les jeunes au sein du mouvement syndical. Rappelant que la CSI est en pleine croissance, Guy Ryder a dit la nécessité de « mettre en oeuvre rapidement l'internationalisme syndical ». Cela devrait se traduire notamment par l'organisation dans le monde entier de la 3e journée mondiale pour le travail décent, le 7 octobre. Cette journée sera amenée à prendre encore plus d'importance qu'auparavant.

Enfin suite à la résolution sur le conflit israélo-palestinien, Guy Ryder a convenu de renforcer le poids politique du bureau d'Oman de la CSI, lieu d'expression pour les affiliés arabes de la région.

 

 
Didier Blain (de Vancouver)
 
 

La présidente argentine à la tribune de la CSI

Cristina Kirchner qui sera présente au G20 de Toronto a été invitée à s'exprimer devant le Congrès. Elle a réaffirmé le besoin de réguler les marchés financiers et de supprimer les paradis fiscaux. Pour elle, les mesures de relance de l'économie ne doivent pas être abandonnées au profit de la réduction de la dette souveraine. Ce sont les recettes qu'elle et son mari, Nestor Kirchner, ont appliqué en Argentine. Pour autant, l'expérience argentine peut-elle être considérée comme exportable et applicable dans le reste du monde ?

Le secrétaire général adjoint de la CTA (Centrale des travailleurs argentins) a tempéré l'enthousiasme de la présidente Kirchner. Si la CTA est favorable comme Cristina Kirchner à une réforme des institutions financières internationales, elle est beaucoup moins satisfaite de la situation sociale du pays. « Trente pourcent de la population vit sous le seuil de pauvreté, rappelle le syndicaliste argentin, la machine à redistribuer les richesses est grippée et il y a encore beaucoup à faire pour les libertés syndicales », commente-t-il.