Face à la crise, une réponse européenne forte s'impose

Publié le 12/05/2009 à 00H00
Retrouvez l'édito de Marcel Grignard, secrétaire national, paru dans le numéro 3217 de Syndicalisme Hebdo.

  

 

Depuis le 29 Janvier, le mouvement syndical français est entré dans l’action face à la crise et fait de la question de l’emploi son objectif numéro un.

Après trois grandes mobilisations, dont un 1er Mai historique, il entend maintenir la pression auprès des pouvoirs publics et du patronat pour amplifier les premières réponses d’une relance sociale complétant une relance économique dont on peine encore à voir les effets tant la crise est profonde et planétaire.

Mais si la réponse nationale n’est pas à la hauteur, l’Europe est-elle carrément absente ? Dans des économies interdépendantes, et au regard de ce que nous attendons, elle a pourtant à jouer un rôle de premier plan.

Aussi, avec le mouvement syndical européen, nous exigeons de l’Europe un signal fort face à cette crise internationale. Une addition de plans nationaux sans lien entre eux laisse penser que le « sursaut d’imagination » auquel appelle Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, fait défaut et que les pays avancent en ordre dispersé, chacun préservant ses intérêts nationaux.

L’Europe doit se donner les moyens d’une politique commune et coordonnée avec celles des États membres pour relancer l’économie et l’emploi. À quelques semaines des élections européennes, nous voulons le faire savoir avec le mouvement syndical européen, qu’on entende la voix des travailleurs et des citoyens.

Le 14 mai à Madrid, le 15 à Bruxelles, le 16 à Prague et à Berlin, à l’appel de la CES (Confédération européenne des syndicats) nous revendiquons un plan d’action face à la crise, qui doit permettre d’aboutir à une nouvelle donne sociale par une relance de l’économie pour des emplois de qualité, tout en assurant une cohésion sociale par une répartition équitable des richesses, un soutien au pouvoir d’achat et une protection sociale et des services publics de qualité.

Nous voulons une Europe qui affirme des objectifs économiques et sociaux. Et la crise actuelle démontre à quel point les deux dimensions doivent s’intégrer.

Ces revendications font écho à celles de la plate-forme intersyndicale du 5 janvier et la complètent. Les quatre manifestations européennes s’inscrivent dans la continuité des mobilisations engagées par les huit organisations syndicales françaises.

Pour la CFDT, partie prenante de ces quatre temps forts européens, ces mobilisations prolongent l’action pour aboutir à des résultats concrets pour les salariés. C’est aussi à plus long terme ouvrir des perspectives à une Europe active jouant un rôle de premier plan dans le monde, pour un développement économique durable ou pour la prise en compte du social dans les règles du commerce mondial… Et finalement pour redonner confiance aux citoyens qui ont besoin, plus que jamais, d’un nouveau souffle européen, faisant vivre nos valeurs communes de solidarité et de démocratie.