États généraux de l'industrie: des avancées, mais aussi des manques

Publié le 03/02/2010 à 00H00
Lancés en octobre, les États généraux de l'industrie viennent de s'achever. La CFDT s'est distinguée par ses nombreuses propositions.

Après trois mois de travail, les EGI ( États généraux de l’industrie ) se sont réunis pour la dernière fois, lundi 25 janvier, à Bercy. Un rapport final a ensuite été remis au président de la République, qui devrait annoncer fin février les décisions issues de ces travaux.

Pendant ces États généraux, la Confédération, avec ses structures, fédérations et unions régionales, s’est fortement impliquée. Aujourd’hui, elle « prend acte positivement de ce rapport, même si elle n’en partage pas toutes les options », annonce Marcel Grignard, secrétaire général adjoint. Certaines de ses idées ont en effet été retenues. « Nos propositions ont été partiellement entendues », estime Henri Catz, secrétaire confédéral chargé du dossier.

Pour Marcel Grignard, l’enjeu de ces États généraux était surtout de « mettre en place des structures pérennes afin d’accroître la place de l’industrie dans nos économies, développer des emplois de qualité et relever les défis du développement durable ». Dans cette optique, une Conférence nationale de l’industrie pourrait voir le jour. Une idée soumise notamment par la CFDT, qui souhaite que cette structure ait pour mission « d’assurer le suivi des actions mises en œuvre par les EGI et de servir de référent aux acteurs de l’industrie ».

Alors que la dimension européenne a été trop longtemps absente des débats, la CFDT se satisfait de « la place que l’Europe a fini par trouver dans la conclusion de ces États généraux ». Le rapport reconnaît en effet l’importance d’une politique industrielle européenne et demande un engagement de la France à ce sujet.

Des regrets. Cependant, le rapport présente des manques par rapport aux attentes de la CFDT : concernant la gouvernance des entreprises, « nous souhaitons notamment une plus grande transparence dans la rémunération des dirigeants, explique Henri Catz. Ces rémunérations doivent être liées à des critères sociaux et environnementaux témoignant d’un véritable engagement des dirigeants. La présentation d’un bilan environnemental, par exemple ». Ce point n’est pas abordé dans le rapport. De même, si la mise en place de comités de dialogue sectoriel – permettant aux différents secteurs industriels de poursuivre les débats sur les évolutions des marchés ou encore les besoins en compétences et en effectifs – est une avancée, « nous n’avons pas été entendus sur notre demande que les organisations syndicales soient présentes dans ces comités », déplore Henri Catz. Enfin, la proposition de sécuriser l’épargne salariale pour qu’elle puisse contribuer à financer les PME a, elle aussi, reçu un trop faible écho pour satisfaire pleinement la CFDT.

Certaines propositions de la CFDT n’ont en revanche pas été reprises du tout. C’est notamment le cas des résultats du Grenelle de l’environnement, totalement oubliés du rapport, avec pour conséquence une trop faible importance accordée au développement durable. Reste que « les États généraux de l’industrie ne peuvent pas tout régler, rappelle Marcel Grignard. En revanche, ils peuvent énoncer des principes et orienter les débats vers des négociations ultérieures entre partenaires sociaux. »


Communiqué de presse n°3 du 27 janvier 2010

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