Egalité professionnelle, enfin une reprise du processus

Publié le 12/11/2009 à 00H00
Laurence Laigo, secrétaire nationale, fait le point sur l'égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes dans l'édito du numéro 3239 de Syndicalisme Hebdo daté du 13 novembre.

 

Après une interruption de plus d’un an, le gouvernement vient de réunir les partenaires sociaux pour relancer le processus engagé lors de la conférence tripartite sur “ l’égalité professionnelle et salariales entre les hommes et les femmes ” de novembre 2007. Après deux mois de travaux préparatoires, des engagements avaient été pris pour redynamiser la négociation collective, outiller et accompagner les équipes de négociation et rénover un certain nombre d’outils de politiques publiques permettant de concilier vie professionnelle et vie privée ( congé parental, garde d’enfants…) plutôt que s’en remettre à une nouvelle loi sur le sujet.

Après un premier chantier sur la refonte du rapport de situation comparée, outil préalable à la négociation mais trop souvent négligé, et qu’ait été acté le principe d’une sanction pour les entreprises n’ayant pas négocié avant le 31 décembre 2009 (soit un an avant la date initialement prévue par la loi), le gouvernement a suspendu les travaux.

Lors du sommet social de février 2009, la CFDT a donc demandé au gouvernement le respect de ses engagements par l’inscription de l’égalité hommes-femmes à l’Agenda Social considérant que, dans un pays qui compte 14 millions de salariées, soit 47% de la population active, l’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes doit être l’un des objectifs majeurs des négociations qui préfigurent l’avenir.

Si l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes peut relever de la discrimination “ pure ”, c est aussi la conséquence de parcours professionnels plus difficiles, plus chaotiques avec des temps partiels, des CDD cumulés, des difficultés d’accès à la formation… Il faut donc agir sur la question salariale mais aussi sur la question des formes d’emplois, des contrats de travail et du temps partiel.

Pour la CFDT, les grandes négociations inscrites à l’Agenda social sont les entrées les plus pertinentes pour mener à bien une prise en charge renouvelée de l’égalité par les partenaires sociaux. La CFDT privilégie cette approche intégrée à l’ouverture d’une négociation spécifique dans laquelle l’ensemble de ces sujets devraient être abordés, déconnectés des grands enjeux abordés dans ces négociations interprofessionnelles. Ainsi la demande du gouvernement d’instaurer des règles de mixité dans les conseils d’administration et les IRP doit relever de la négociation sur la gouvernance des entreprises.

Au-delà de ces propositions faites au ministre par la CFDT, c’est un véritable processus de suivi et d’accompagnement qu’il faut engager sur cette question. Nous avons donc d’ores et déjà demandé un nouveau rendez-vous pour faire le bilan de ce qui aura été négocié et du travail du Haut Conseil à la famille sur le congé parental et les gardes d’enfants.