Chômage partiel, les partenaires sociaux prennent leurs responsabilités

Publié le 22/04/2009 à 00H00
Retrouvez l'édito d'Annie Thomas, secrétaire nationale, paru dans le numéro 3214 de Syndicalisme Hebdo.

 

 

Après la mise en place du Fiso (Fonds d'investissement social), dispositif voulu par la CFDT pour « former plutôt que licencier », et du fonds d’urgence de la formation professionnelle, les partenaires sociaux ont de nouveau démontré leur volonté et leur capacité à venir en aide aux salariés les plus touchés par la crise en augmentant de manière significative l’indemnisation du chômage partiel. En dépit des difficultés financières qui se profilent, l’Unedic n’a pas hésité à conclure une convention avec l’État, pour un montant de 150 M€, afin d’indemniser à 75 % du salaire brut ( soit près de 90 % du salaire net ) le chômage partiel. On ne peut, bien entendu, que se féliciter de cette mesure en faveur du pouvoir d’achat des salariés. D’autant plus qu’en échange des aides de l’Unedic et de l’État, les entreprises bénéficiaires s’engagent à maintenir leurs salariés dans l’emploi pendant une durée équivalente au double de la durée de la convention. Et pour la première fois, les partenaires sociaux ont acté qu’en cas de non-respect de cette obligation, les entreprises seront tenues de rembourser les aides reçues de l’État et de l’Unedic !

Pour que cette nouvelle indemnisation s’applique, il est indispensable qu’un accord ait au préalable été conclu au niveau de la branche ou de l’entreprise. Les organisations syndicales et les employeurs vont donc devoir réfléchir conjointement à l’utilisation de ce nouveau dispositif, notamment en ce qui concerne l’obligation d’entretien individuel pour tous les salariés mis au chômage partiel, et sur l’ensemble des actions de formation ou de bilan qui doivent leur être proposées pendant leur période d’inactivité. Ainsi, le dialogue social doit-il permettre de déterminer les meilleurs moyens de rebondir après la crise, tant pour l’entreprise que pour les salariés.

L’obligation de formation pour les salariés mis au chômage partiel peut également se révéler une opportunité, en matière d’accès à certains savoirs de base, pour les 10 % des salariés éprouvant des difficultés de lecture. De même, ces formations peuvent permettre aux salariés d’acquérir un socle commun de compétences indispensables dans les entreprises modernes, à commencer par la maîtrise de l’outil informatique ou l’aptitude au travail en équipe. Enfin, ces périodes de chômage partiel peuvent se révéler une opportunité de formation aux métiers de demain marqués du sceau du développement durable. Comment, par exemple, ne pas penser au cas d’Heuliez et au développement des véhicules électriques, débouché d’avenir, mais qui demande un énorme effort de formation des salariés de l’entreprise. 

 


Les partenaires sociaux améliorent l'indemnisation du chômage partiel
Le chômage partiel, comment ça marche ?
Communiqué de presse n° 28 du 16 avril 2009