Charles Pasino, peintre et sculpteur à Dinan (22)

Publié le 17/07/2014

Charles Pasino est trésorier et l'un des fondateurs du syndicat Solidarité Maison des artistes-CFDT.

Aussi loin qu’il se souvienne Charles Pasino a toujours dessiné, « je ne peux pas faire autrement », s’excuse-t-il presque. Pour autant, il ne vient à la peinture et à la sculpture qu’après être passé par la mosaïque et la gravure mais aussi par la confection et le stylisme. Il bouge beaucoup aussi : de Nice, il vient vite à Paris, retourne à Nice, séjourne dans le Loir-et-Cher, et atterrit à Dinan (22) en 2006 où il vit aujourd’hui. « Une galerie vendait bien mes tableaux, j’ai décidé de m’installer là », confie-t-il.

Dans cette ville de près de 11 000 habitants, Charles trouve vite ses marques et surtout un atelier-galerie dans lequel il peut travailler, exposer et vendre ses œuvres. Il y apprécie le milieu artistique composé d’une trentaine de personnes. Il prend la responsabilité de diriger les deux associations culturelles de la ville. L’une se consacre à valoriser les artistes de Dinan, l’autre est ouverte aux artistes de l’extérieur. Il y pousse des opérations portes ouvertes, et des « Artpéritifs » qui connaissent un certain retentissement. Il entame en parallèle un rapprochement des associations avec la municipalité. Et l’an dernier, le centriste Didier Lechien lui propose de venir sur sa liste. Il accepte. La liste l’emporte. Charles devient alors conseiller municipal. « Cette petite ville a peu d’industries et peu de possibilités d’en accueillir, observe le peintre, on a donc décidé d’en faire un centre artistique important de Bretagne. »

Charles Pasino dit de sa peinture et de ses sculptures qu’elles ne contiennent « ni tragédie, ni message. La peinture à message rate toujours son objet, elle devient le message. La bonne peinture bouge et vit par elle-même. C’est de la couleur, de la matière, du dessin, elle parle en même temps que son sujet. Je fais mienne cette définition de la peinture qu’a donnée Maurice Denis, c’est “une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées” ». Parmi les thèmes que Charles Pisano traite dans son œuvre, les femmes reviennent très souvent. « On peut en faire des arabesques, dit-il, c’est un sujet inépuisable. Avec un homme, c’est vite ridicule. » Il réalise beaucoup de nus mais aussi des bouquets de fleurs et des memento mori, ces têtes de mort stylisées qui sont là pour nous rappeler que la vie est éphémère.

Engagé dans la politique, Charles Pasino l’est aussi dans le syndicalisme. Il est l’un des fondateurs du SMDA-CFDT dont il est le trésorier. « Ce que j’apprécie à la CFDT, c’est qu’on n’y est pas aux ordres », dit-il. Cet individualiste convaincu – au moins pour ce qui concerne son art – a bien compris l’intérêt d’œuvrer dans un collectif pour y acquérir de la légitimité et donner de la force à ses arguments. « J’aimerais faire comprendre aux services de l’État que nous n’avons pas de revenus réguliers », affirme-t-il. Au sujet de ses revenus, il dit qu’ils lui permettent « de survivre. »

dblain@cfdt.fr

© Photos Pauline Bernard / Myop Diffusion