Anne-Sophie Masse, peintre plasticienne, Thoix (80)

Publié le 17/07/2014

Anne-Sophie Masse n'abandonne jamais. Cette Téodulienne combative se débat en permanence entre un métier qu'elle adore et les aléas de la vie. Elle a adhéré au SMDA-CFDT par solidarité.

« La peinture, c’est comme un problème de mathématiques il y a forcément une solution. Simplement, il faut se donner les moyens pour la trouver », déclare Anne-Sophie Masse en évoquant son métier d’artiste. Cette plasticienne travaille à Thoix, un petit village de la Somme, où elle vit avec sa famille. Son atelier a pris place dans une grange qu’elle aménage au fur et à mesure. L’hiver prochain, « c’est promis », elle aura du chauffage.

Elle a aujourd’hui 36 ans. Après une maîtrise obtenue à la Faculté des Arts à Amiens, elle commence à peindre tout en travaillant comme documentaliste à mi-temps. Ce job, elle l’a gardé longtemps « parce que la vie d’artiste, ce n’est pas évident, dit-elle, au début en plus du travail artistique auquel on consacre beaucoup de temps, on vivote, on se débrouille, on apprend car il y a des réseaux à entretenir, des compétences de chef d’entreprise à acquérir. Ensuite, j’ai eu un enfant, ça ralentit la création. Puis j’ai eu un deuxième enfant, et on se dit que ce serait bien d’avoir une maison et le petit boulot, ce n’est pas le moment de le lâcher. Bref, on se débat en permanence entre un métier qu’on adore et les aléas de la vie. »

« La solidarité est nécessaire dans ce milieu parfois individualiste »

Cette artiste dit également avoir besoin d’espace et d’une mise en conditions, de rituels. Depuis février, elle a arrêté ce travail à mi-temps. En revanche, elle maintient son activité d’intervenante en arts plastiques dans deux hôpitaux et dans des écoles. Cela lui rapporte environ 600 euros par mois. « Ces interventions m’apportent beaucoup, j’aime cette relation avec les enfants et les personnes âgées. Elle entre complètement dans ma réflexion d’artiste. » Cette nouvelle liberté lui permet d’accélérer sa création et de relancer la communication autour de son travail. « J’ai maintenant toutes les clefs pour prendre un vrai départ après treize ans d’activités. Je me donne quatre à cinq ans pour arriver à un minimum qui me permettrait de vivre de façon acceptable, explique-t-elle, sinon je changerai de métier. »

Anne-Sophie est aussi adhérente au SMDA-CFDT. Elle a fait ce choix parce que La Maison des artistes est en danger et « parce que la solidarité est nécessaire dans ces milieux assez individualistes ». Son adhésion s’est faite aussi car le conseil régional de Picardie a sollicité les syndicats afin de mettre en place sa politique de formation, notamment dans les domaines artistiques. Elle a donc représenté le SMDA dans sa région qui a, selon elle, une véritable politique d’encouragement et de soutien aux artistes plasticiens. Justement en ce moment, Anne-Sophie Masse travaille avec deux autres artistes (Mary Chaplin, peintre luministe et Philippe Chardon, photographe plasticien) sur un gros projet intitulé « Aux arts, citoyens ! ». Il a pour but de commémorer la Grande Guerre.

« Aux arts, citoyens ! »

Le projet va se décliner de deux manières. Tout d’abord, les trois artistes vont réaliser des cartes postales à partir de leurs œuvres avec des messages de paix et d’espoir. Ces cartes seront envoyées à des soldats français qui combattent sur des théâtres d’opération via une marraine de guerre qui a sollicité ce groupe d’artistes. Ensuite, le projet prendra la forme d’une exposition de leurs œuvres au château de Thoix du 26 septembre au 12 octobre. « Evidemment pour nous, l’idée n’est pas de valoriser la guerre mais de rendre hommage à des gens qui ont versé leur sang pour la paix. » Pour cela, « nous avons creusé le sujet tout en gardant une certaine distance. Nous avons collecté des documents, des photos parfois personnelles de ma famille. Nous nous sommes interrogés pour cadrer le sujet et nous avons pris le parti de la paix dans la guerre », explique-t-elle.

Pour ce projet, Anne-Sophie Masse qui travaille beaucoup sur la couleur a choisi cette fois « de l’étouffer un peu en raison du sujet ». Sa technique est mixte. Elle utilise principalement l’acrylique, des encres, du fusain, du marqueur, des collages, des craies grasses et sèches. Pour les outils, elle emploie des pinceaux, des couteaux à enduire, le cutter entre autres.