3 questions à Guy Ryder, secrétaire général de la CSI, sur le G20 de Londres

Publié le 20/03/2009 à 00H00
Guy Ryder, secrétaire général de la CSI, revient sur les enjeux du prochain G20 à Londres et sur le rôle des syndicats dans la recherche de solutions durables pour une sortie de crise.

A quelques jours de la tenue du G20 consacré à la crise, quelles sont vos attentes ?

La CSI souhaite d’une part que des mesures concrètes soient prises afin d’endiguer autant que possible les conséquences sociales et sur l’emploi. Depuis la dernière rencontre du G20 à Washington, le bilan est mitigé. Les plans de relance manquent souvent d’ambition et ne se centrent pas suffisamment sur la création ou la protection de l’emploi. D’autre part, nous voulons autant que possible que le G20 avance des propositions de réformes à moyen terme afin de mettre en place un système économique mondial plus juste sur le plan social et plus durable sur le plan environnemental.

On parle beaucoup des conséquences de la crise sur l’économie des pays industrialisés. Quel avenir et quel espoir pour les PMA, qui apparaissent plus que jamais comme les laissés pour compte d’un système à bout de souffle ?

La situation des PMA (pays les moins avancés) est extrêmement préoccupante. Les conséquences sociales dans les PMA seront d’autant plus douloureuses que les travailleurs de ces pays n’ont pas de couverture sociale. Une des réformes prioritaires à mettre en place dans cette « nouvelle donne » est l’accès de tous et toutes à une couverture sociale minimale.

Dans quelle mesure la CSI et ses affiliés peuvent ils contribuer à  un réel changement économique et social mondial ?

Les syndicats sont plus que jamais les acteurs clés pour sortir de la crise. Car au-delà des abus de la finance mondiale, une des causes profondes de cette crise est l’accroissement des inégalités sociales. Ces inégalités, souvent liées à une précarisation accrue des conditions de travail, ont aujourd’hui atteint un niveau insoutenable. Les syndicats au travers de la négociation collective contribuent à un certain équilibre dans la répartition des richesses. Fâcheusement la mondialisation de ces 30 dernières années n’a pas reconnu ce rôle essentiel des syndicats dans l’économie de marché. Il en résulte une crise aigue de la justice redistributive qui ne se résoudra pas sans l’action des syndicats.

 
 
 
Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans le numéro 3210 de Syndicalisme Hebdo daté du 26 mars