2ème jour du congrès de la CES : Réconcilier l'économique et le social

Publié le 18/05/2011 à 00H00
En cette deuxième journée à Athènes, les syndicats européens ont insisté sur la nécessité d' un meilleur équilibre indispensable à la préservation de l'Europe sociale.

«Depuis notre dernier congrès, le contexte politique, économique et social a énormément changé », explique le secrétaire général John Monks. « La CES demande, hier comme aujourd’hui, aux autorités européennes de rétablir l’équilibre entre les libertés des marchés économiques et les droits fondamentaux ».

Comment y parvenir ? En corrigeant l’idée selon laquelle les marchés du travail sont trop rigides et empêchent la création d’emplois, et en posant le débat de la mobilité des travailleurs et de la flexsécurité. « La nouvelle gouvernance économique approuvée par le Conseil européen n’a fait que réaffirmer le dogme du pacte de stabilité et de croissance, en optant pour une politique salariale au niveau européen. La compétitivité est recherchée dans une austérité salariale et une flexibilité accrue, des dépenses sociales rabotées et une formation professionnelle confinée a l’adaptabilité des salariés. Pourtant, pression sur les salaires ou diminution agressive de la qualité du travail ne constitueront jamais une réponse à la question de la compétitivité », explique la CES, qui plaide pour une compétitivité basée sur les compétences avec la mise en place d’un transfert des savoirs faire collectifs entre générations de salaries, indispensables au maintien de la compétitivité.

La question d’un modèle social européen basé sur l’égalité et la cohésion sociale a également été largement abordée par les syndicats européens, encore divisés sur la question d’un revenu minimum. Pour Bogdan Hossu, secrétaire général de Cartel Alpha (Roumanie), « une convergence vers le haut est indispensable. Certains principes dans les textes et les accords qui sont ou seront signés, peuvent être respectés partout dans l’Union européenne. Pouvons-nous au moins parvenir à une pratique de base harmonisée sur la politique salariale ? En Roumanie, on déstructure des pans entiers de l’économie. Ceci n’est qu’une répétition de la tendance désastreuse qui prévaut dans l’est de l’Europe ou les délocalisations, le dumping social et la mobilité forcée des travailleurs créent des tensions sans précédant ».

En adoptant le plan d’orientation sur l’emploi d’une part, le modèle social européen d’autre part, la CES réaffirme son refus d’une politique à court terme menée à l’heure actuelle par la Commission européenne. Sur la question spécifique d’un revenu minimum, le congrès maintient le consensus trouvé au congrès de Séville (2007) et s’engage à trouver rapidement une réponse cohérente partagée par l’ensemble du mouvement syndical européen.

Anne-Sophie Balle (à Athènes)
 

Photo : CES