1er Jour du congrès de la CES : unité syndicale face à l'austérité qui menace l'Europe sociale

Publié le 17/05/2011 à 00H00
Depuis le 16 mai et jusqu'au 19 se tient le 12e congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES) a Athènes. Un lieu symbolique tant "la Grèce est l'oeil du cyclone qui menace aujourd'hui l'Europe et l'euro. Le berceau de la civilisation européenne est devenu berceau de la crise économique européenne".

Signe de la solidarité syndicale qui prévaut ici, les quelque 500 délégués des 36 pays représentés ont adopté une résolution d’urgence a la veille du Conseil européen des affaires économiques et sociales (Ecofin), y exprimant leur soutien aux travailleurs et au mouvement syndical dans les pays sérieusement éprouvés par les mesures d’austérité. La résolution exige un changement de cap au vu de l’échec des mesures jusqu’ici adoptées par les institutions européennes. « Le parapluie européen ne fonctionne pas si l’assainissement des budgets nationaux n’est pas aligné sur l’économie […] Il n’y aura pas d’amélioration budgétaire sans croissance. Pour sortir de la crise, l’Europe doit aider les pays en difficulté comme la Grèce au moyen d’un programme d’investissement et de développement ambitieux afin de générer croissance et emploi et ainsi produire revenus et recettes fiscales ». Le congrès demande que l’aide financière aux pays déficitaires ne fasse pas obstacle a la croissance et ne soit liée a des mesures d’austérité qui aggraveraient encore la spirale négative.

La gouvernance économique au coeur des débats

Sur la gouvernance économique, thème central de ce douzième congrès, la CES plaide pour une Europe juste et plus équitable. L’Europe doit d’urgence changer de cap et adopter des propositions positives de gouvernance économique. Luc Berille, intervenant pour l’Unsa et la CFDT, a toutefois rappelé le chemin dernièrement parcouru. « Quand l’euro a été crée, nombreux étaient ceux à revendiquer qu’il s’accompagne d’une meilleure coordination de la politique économique européenne. Il aura fallu l’une des plus graves crises que le monde ait connues pour que cette gouvernance prenne forme. Elle n’est pas parfaite, mais quand on sait d’où l’on vient, on mesure le pas qui a tout de même été franchi. Ces outils de gouvernance ne doivent cependant pas empêcher de dénoncer les manquements graves qui en affectent les orientations ».

Autre moment fort de ce début de congrès, le « Prix CES pour services en faveur de l’Europe sociale » a été remis a Jacques Delors, celui la même qui en 1997 avait proposé un Pacte de coordination des politiques économiques sans parvenir à le faire adopter. « Un vice de construction qui a fait que l’euro nous a protégés jusqu’en 2008, mais ne sous a pas stimule », regrette-t-il. Face a une Europe aujourd’hui vacillante, il souhaite que « le syndicalisme Europe en particulier et aux partenaires sociaux en général aient de beaux et grands jours devant eux. Vous êtes les défenseurs des intérêts moraux et matériels des travailleurs. Sans vous, rien n’est durablement possible. Cette exigence de la démocratie il faut la rappeler sans cesse avec tous les moyens dont dispose l’action syndicale » a-t-il conclu.

Anne Sophie Balle (à Athènes)
 

 

Photo : CES