"Nous avons plus à gagner ensemble qu'en essayant de s'en sortir seuls"

Publié le 24/06/2010 à 00H00 (mis à jour le 25/06/2010 à 14H28)
Le 3e jour du congrès de la CSI à Vancouver a été marqué par la contribution de la CFDT au projet de résolution "Changer la mondialisation" prononcée à la tribune par Marcel Grignard, secrétaire général adjoint de la CFDT.<br>En voici le texte intégral.</br>

Le déclenchement de la crise financière et les réactions d’indignation des gouvernements et des responsables des institutions internationales ont conduit le syndicalisme à espérer l’émergence d’une véritable régulation de la mondialisation…à la recherche d’un développement économique plus respectueux des travailleurs et qui prend en compte les défis environnementaux et ceux du réchauffement climatique.

Mais comme cela a déjà été souligné plusieurs fois à cette tribune, une grande incertitude règne sur ce que sera l’après crise. De nombreux signes négatifs nous font craindre des conditions de vie et de travail plus difficiles pour des millions de travailleurs.

Pourquoi une telle distance entre les paroles des dirigeants qui prônent un monde plus juste, plus équitable…et leurs actes qui ont conduit à l’échec de Copenhague et qui, au G 20 aboutissent à des résultats si éloignés de ce qu’attend le syndicalisme international ?

Quand tout menace de s’écrouler, des décisions communes et rapides permettent le sauvetage des banques. Mais dès que ces menaces d’effondrement s’éloignent, elles emportent avec elles la capacité des Etats à agir ensemble.

Les décisions des Etats résultent des choix idéologiques de leurs dirigeants mais aussi, sous la pression du court terme, de la défense de ce qu’ils considèrent être l’intérêt de leur pays.

Défense de l’économie nationale, des entreprises nationales, des emplois nationaux, tout cela le plus souvent en réponse aux attentes des citoyens.

Si généralement les syndicats contestent la défense d’intérêts nationaux quand ils relèvent d’une forme de protectionnisme, il arrive cependant que ces politiques soient défendues sous la pression des syndicats.

La conviction erronée que l’intérêt national est contradictoire avec l’intérêt commun conduit les Etats à se faire concurrence là où ils devraient rechercher des solutions communes par la coopération.

C’est malheureusement ce qui se passe en Europe, où la concurrence entre les pays conduit à une surenchère dans les politiques d’austérité pour résorber les déficits publics. Cette forme de repli national s'observe aussi dans les élections politiques, par la montée des partis extrémistes ou nationalistes.

Face à ces constats, l’existence et la montée en puissance de la CSI constitue une grande opportunité pour le syndicalisme et pour les travailleurs.

Tout d’abord parce que la CSI est le lieu où nous pouvons confronter les points de vue, rechercher ce qui permet de conjuguer la défense de nos membres dans nos pays avec l’intérêt de tous les travailleurs.

Ensuite parce qu’en tant qu’affilié de la CSI, nous devons nous sentir engagés et responsables dans la mise en œuvre de nos positions communes jusque dans nos pays respectifs.

Nous devons agir dans nos pays pour que les choix faits par nos dirigeants dans les instances internationales, à l’ONU, au G20…traduisent nos valeurs de solidarité.

Une solidarité qui ne fait pas œuvre de charité, mais qui marque la certitude que nous avons plus à gagner en agissant ensemble qu’en essayant de s’en sortir seuls…

La nouvelle gouvernance mondiale que nous revendiquons est indispensable pour faire progresser le travail décent, les droits fondamentaux et pour faire reculer la pauvreté.

Mais ce ne sera pas suffisant pour parvenir partout à des conditions de travail et de vie qui respectent les travailleurs.

La financiarisation de l’économie et la recherche effrénée de profit a conduit à des fonctionnements d’entreprise désastreux sur le plan social. Le syndicalisme a un rôle majeur à jouer pour modifier la gouvernance des entreprises afin que les dimensions sociales et environnementales soient prise en compte dans les décisions stratégiques et de gestion.

Le développement du syndicalisme et de la négociation collective dans les entreprises est de ce point de vue vital.

Pour toutes ces raisons, nous soutenons les projets de résolutions proposées à ce Congrès. Nous voulons aussi souligné le travail accompli par la CSI et par son secrétaire général. Merci Guy.

 

Conflit israelo-palestinien : rejet de l'amendement de la Cosatu

L'amendement proposé par la Cosatu, le syndicat sudafricain, appelant au boycett des produits israèliens a été rejeté par la commission des résolutions du Congrès. Cependant, la résolution relative à ce conflit adoptée par la commission condamne l'invasion et le blocus de Gaza, et l'existence du mur, appelle au démantelement des colonies, à la création d'Etat palestinien et à la recherche d'une paix globale dans la région

D.B. (de Vancouver)

photo : Didier Blain/CFDT