"Il est grand temps de convoquer un sommet social pour construire des mesures fortes pour l'emploi"

Publié le 29/11/2011 à 00H00
Au moment où le chômage est à son niveau record depuis 1999 et que toutes les catégories (jeunes, seniors, demandeurs d'emploi longue durée) sont touchées, Laurent Berger, secrétaire national chargé de l'emploi, précise les propositions de la CFDT pour lutter contre ce fléau.

Les chiffres du chômage sont une nouvelle fois en hausse en octobre…

Malheureusement ces mauvais chiffres sont tout sauf une surprise, y compris pour le ministre du Travail qui a annoncé la tendance plusieurs jours avant leur publication officielle… Le rebond de la crise, les plans d’austérité en France et en Europe avec leurs conséquences sur la croissance ne laissaient pas espérer d’amélioration prochaine. Des secteurs jusqu’ici épargnés, comme les banques, les services à la personne ou encore le secteur associatif, sont désormais touchés par les suppressions de postes. Pire, si la moitié des emplois perdus pendant la crise de 2008-2009 avaient été retrouvés fin 2010 ceux-ci se faisaient sur des contrats précaires (CDD et intérim). Cette hausse du chômage touche donc bien d’abord les salariés les plus fragiles, comme le répète la CFDT depuis des mois. En recourant massivement aux contrats précaires, les entreprises portent une lourde responsabilité dans cette situation.

Il est grand temps d’agir. Que propose la CFDT ?

Alors que l’urgence devrait inciter le gouvernement à prendre rapidement les mesures qui s’imposent d’une part pour soutenir l’emploi et d’autre part pour anticiper et prévoir les emplois de demain, il est, sur ces deux aspects, aux abonnés absents… et sourd de surcroit aux propositions de la CFDT. Pourtant nous disons depuis le mois d’août, et nous l’avons répété pas plus tard que la semaine dernière à Xavier Bertrand, que quatre séries de mesures s’imposent : un plan de soutien à l’emploi, avec des dispositifs de chômage partiel, de formation et de cellule de reclassement, pour les salariés menacés en particulier les plus précaires ; des moyens renforcés pour Pôle emploi ; un soutien spécifique à l’emploi des jeunes et la relance de contrats aidés à destination des publics les plus fragiles.

Comment financer de telles mesures en pleine crise de la dette ?

Bien entendu de telles mesures ont un coût, mais elles pourraient être financées par les 4 milliards d’euros que rapporterait la fin de la défiscalisation des heures supplémentaire Les partenaires sociaux ont pris leur part de cet effort en débloquant au printemps plus de 200 millions d’euros pour l’accompagnement des jeunes vers l’emploi durable, à l’Etat désormais d’abonder ces mesures.

C’est pourquoi face à l’absence de réaction du gouvernement et alors que sur le terrain et dans les entreprises les militants CFDT se battent au jour le jour pour défendre l’emploi, il est grand temps de convoquer un sommet social pour construire des mesures fortes pour l’emploi et contre le chômage.

Propos recueillis par Nicolas Ballot