"Ancrer la dimension sociale et de l'emploi dans les travaux du G20"

Publié le 22/03/2011 à 00H00
Marcel Grignard, secrétaire général adjoint, explique les attentes de la CFDT vis-à-vis de la présidence française du G20.

Quels jugements porte la CFDT sur les évolutions du G20 depuis sa création ?

La CFDT a d’abord salué la création du G20. Le monde ne pouvait plus rester dans une approche des problèmes limitée aux pays du G8. Il était urgent d’associer l’Inde, la Chine, le Brésil, les pays émergents. De plus, la crise exige davantage de gouvernance pour régler les questions de régulation par la concertation. Mais aujour­d’hui, l’écart se creuse entre les premières déclarations du G20 et ce qu’il fait réellement. D’une part, les engagements des membres du G20 pour trouver des solutions collectives ont faibli, les intérêts nationaux ont repris le dessus, et d’autre part, le G20 doit dépasser le stade des principes généreux pour passer à une déclinaison d’objectifs contraignants. Il a besoin de trouver un mode de fonctionnement plus productif.

Comment les décisionsdu G20 touchent-elles concrètement les citoyens des différents pays ?

Le G20, comme la plupart des instances supranationales, agit sur les enjeux macroéconomiques et globaux qui visent à des évolutions structurelles importantes et poussent les Etats membres à agir différemment. Les conséquences pour les citoyens ne sont pas directes et immédiates mais elles le sont par ricochet. Une action très efficace contre les paradis fiscaux, par exemple, amènerait à terme une réduction forte de l’évasion fiscale. Cela augmenterait les ressources des pays, ce qui aurait des répercussions sur les citoyens.

Qu’attends-tu de la présidence française du G20 ?

Les priorités définies par la présidence française me paraissent très ambitieuses. La CFDT est très attachée à l’avancée de solutions sur la gouvernance de la finance mondiale. Mais elle veut surtout que la présidence française permette de mieux ancrer la dimension sociale et de l’emploi dans les travaux du G20. Un Sommet Emploi avec les ministres du Travail et les partenaires sociaux est prévu. La CFDT souhaite que la place du syndicalisme international et les questions d’emplois deviennent pérennes. Ce n’est pas acquis. Nous souhaitons aussi qu’un lien étroit soit établi entre les questions économiques et d’emplois, sinon ces dernières resteront subalternes. Enfin, nous voulons que le socle de protection sociale commence à être mis en place dans les pays les plus pauvres cette année et qu’on avance dans la mise en œuvre des normes fondamentales de l’OIT que tous les membres du G20 n’ont pas ratifiées. 

Propos recueillis par D.B.