Air France : les raisons du blocage

Publié le 06/10/2015 à 11H04
Les violences qui ont émaillé le comité central d’entreprise d’Air France ont été immédiatement condamnées par la CFDT. Opposée au plan présenté par la direction, l’équipe CFDT de la compagnie aérienne en appelle à un retour au dialogue, seule méthode valable pour sortir de l’impasse et trouver des solutions afin d’éviter les licenciements.

« Je condamne les violences qui ont eu lieu chez Air France. Elles sont indignes et inadmissibles », a réagi Laurent Berger, le 5 octobre, après que le comité central d’entreprise (CCE) d’Air France a été brutalement interrompu par des manifestants qui contestaient le plan de réduction annoncé par la direction. Cette restructuration, qui affecte l’activité long courrier, pourrait se traduire par la fermeture de cinq lignes, la suppression de 14 avions (5 en 2016 et 9 en 2017) et 2 900 postes à terme, dont des licenciements secs.

Le dialogue, seule voie face aux difficultés

« À Air France comme ailleurs, nous privilégions le dialogue pour dépasser les difficultés et combattre la violence, a plaidé le secrétaire général de la CFDT. C’est ça le syndicalisme ! » La CFDT d’Air France a rappelé que « tous les salariés veulent sauver leur entreprise », déplorant l’absence de négociations intercatégorielles au sein de la compagnie. La perspective d’un plan de réduction des effectifs, face à la concurrence des vols low cost et des compagnies du Golfe, de plus en plus menaçante, a ravivé les fractures d’un groupe socialement très divisé. Trois catégories de salariés y travaillent : pilotes, personnels navigants commerciaux et personnels au sol. Ces trois catégories n’ont ni les mêmes statuts ni les mêmes exigences. Dans ces conditions, le dialogue social est une gageure. Ces dernières semaines ont montré une tension palpable entre une direction tenue de négocier avec les pilotes, mais pas avec le personnel au sol, et des syndicats de navigants (hôtesses et stewards) refusant tout dialogue…

Dans ce contexte, la CFDT Air France rappelle que le dialogue social est un levier essentiel pour la compétitivité de l’entreprise et regrette que les personnels au sol ne soient pas intégrés à un accord qui les concerne au même titre que les autres salariés du groupe. La première phase du plan ne comporte pas de licenciements et redonne du temps à la négociation. Mais seul un accord avant 2016 avec les syndicats de pilotes et de personnels navigants commerciaux, qui n’ont pas voulu discuter, pourrait faire barrage à la réduction des effectifs annoncée en 2017 et aux départs contraints qu’elle pourrait entraîner. 

Photo  © Ian Hanning / Réa