A Villefranche-sur-Saône, la proximité, ça paye !

Publié le 29/09/2015

Dans la sous-préfecture du Rhône, l’équipe de l’union locale, en association avec l’Union régionale interprofessionnelle Rhône-Alpes, mise sur l’accueil et la proximité. Avec à la clé des résultats spectaculaires auprès des salariés des TPE.

Au cœur du Beaujolais, Villefranche-sur-Saône a longtemps été connue pour être la capitale des conscrits. Mais si cette tradition remontant à la fin du xixe siècle et au service militaire obligatoire reste l’un des emblèmes de la ville, la sous-préfecture du Rhône devient peu à peu, grâce à l’action de son union locale (UL) CFDT, une capitale du développement syndical. Dans ce bastion historiquement CGT, l’action de la CFDT s’est trop longtemps limitée à un accompagnement juridique de salariés… en dehors des règles CFDT, notamment de celles de la Caisse nationale d’action syndicale (Cnas). « Lorsque nous avons reçu des lettres de réclamation de salariés concernant le suivi de leurs dossiers juridiques par l’UL, nous avons mené notre enquête et découvert le pot aux roses », explique Pierrick Aillard, secrétaire régional de l’Union régionale interprofessionnelle (Uri) Rhône-Alpes. L’action conjointe de l’Uri et de l’Union départementale du Rhône a permis, sur 33 cas litigieux, de « récupérer » 19 adhérents grâce au soutien de la Cnas, qui a accepté de reprendre leur dossier en échange d’une rétroadhésion.

Accueil, écoute, réponse

   


On ne part pas les mains vides !
Lorsqu’un salarié vient à une permanence à l’UL, « on ne le laisse pas repartir les mains vides, on lui offre un stylo CFDT ou une plaquette sur ses droits ; bref, un souvenir de son passage », explique Renaud Billoud, le secrétaire de l’Union locale CFDT de Villefranche. Même chose avec le guide TPE lors des tournées dans les commerces.

Une stratégie en deux temps pour 2016
L’objectif des tournées auprès des salariés des TPE est double : faire voter CFDT lors du scrutin de la fin 2016 avec l’objectif de multiplier par deux le nombre de voix par rapport à 2012, mais également faire adhérer. D’où l’importance d’obtenir les adresses mail (et l’accord des salariés), de façon à leur envoyer des informations CFDT.

   

Une fois ce passif soldé et une nouvelle équipe mise en place à l’UL autour de Renaud Billoud, fin 2013, la priorité a été de recréer, voire de créer tout court, la confiance entre les salariés de Villefranche et la CFDT. Dans cette optique, Renaud a instauré des permanences à la bourse du travail pour écouter, conseiller et faire adhérer les salariés. « La très grande majorité des emplois dans le bassin de Villefranche-sur-Saône se trouve dans des TPE-PME et l’artisanat, résume Renaud. Leur premier et parfois seul contact avec un syndicat se fait donc le plus souvent lors d’une permanence, et essentiellement lorsqu’ils ont un problème. » En ne comptant pas ses heures, le secrétaire de l’UL, par ailleurs conseiller du salarié, peut se féliciter d’avoir réellement redonné vie à l’union locale. Un nombre résume parfaitement cette résurrection : plus de 400 salariés ont adhéré à la suite d’un entretien à la permanence de l’UL. Modeste, Renaud insiste sur « le soutien sans faille de l’UD et de l’Uri », qui lui ont permis de tenir le coup et de structurer sa nouvelle équipe avec l’arrivée de jeunes militants comme Djamal Guerid, tout nouveau secrétaire adjoint de l’union locale. Désormais, celle-ci est en capacité de tenir des permanences quatre jours par semaine à la bourse du travail et de « répondre à toutes les demandes des salariés qui passent notre porte, que leurs questions concernent leur emploi ou qu’elles soient plus globales, comme c’est souvent le cas lorsque l’on commence à discuter un peu », insiste Renaud Billoud. Ainsi, lorsque le militant qui assure la permanence n’a pas la réponse précise à une question, il s’engage à recontacter le salarié dans les meilleurs délais après s’être renseigné auprès du réseau CFDT, « un peu comme Réponses à la carte », sourit Renaud.

Sur le bassin d’emploi de Villefranche – sa rue Nationale, qui revendique le titre honorifique de « plus grande rue commerçante de France », compte trois kilomètres de boutiques –, les salariés des très petites entreprises sont par nature une priorité syndicale. « Maintenant que l’UL est en ordre de marche, cela nous fait un point d’appui indispensable pour aller à la rencontre des salariés des magasins de Villefranche », note Alain Guillot, cheville ouvrière des actions PME-TPE au sein de l’Uri Rhône-Alpes. Fort de l’expérience de la campagne de l’élection de représentativité dans les entreprises de moins de 11 salariés en 2012, Alain a décidé, avec le soutien de l’Uri, de changer son fusil d’épaule en vue du scrutin de la fin 2016 : « En 2012, nous avions pour objectif de visiter tous les commerces de la rue Nationale. On a mobilisé beaucoup de militants et rencontré pas mal de salariés, mais on ne leur a pas fait de retour, ce qui ne nous a pas permis de créer de liens avec eux. » Depuis un an, la stratégie a donc changé : fini le « saupoudrage », place au ciblage ! « On a décidé d’agir par profession, en commençant par les salons de coiffure. » Ainsi, deux ou trois fois par an, les 200 employés – majoritairement des femmes – des salons de coiffure de la ville ont pris l’habitude de recevoir la visite des militants CFDT. « Cinquante d’entre elles nous ont déjà laissé leur adresse mail pour recevoir des infos CFDT », se félicite Alain. Bien sûr, quelques mesures de bon sens ont été prises : les tournées ont lieu au moment des heures creuses – le plus souvent en fin de matinée en semaine –, ce qui permet de ne pas les déranger pendant leur travail… et d’entretenir de bonnes relations avec les employeurs. « La preuve que notre méthode est adaptée, c’est qu’à chaque nouveau passage on discute de plus en plus facilement et librement avec les salariées », assure Pierrick. Sans compter la visibilité et l’image positive qu’une telle action donne de la CFDT dans la ville.

De nouvelles actions en vue

Maintenant que la mécanique est rodée avec les salons de coiffure, Alain se fixe de nouveaux objectifs, à commencer par les pharmacies, qui représentent un potentiel de plusieurs milliers de salariés sur le département, avec un défi ambitieux : doubler le nombre de voix CFDT lors du scrutin de décembre 2016 par rapport à celui de 2012. La méthode est simple : le terrain, encore le terrain, toujours le terrain ! « On va profiter de la semaine d’action TPE début octobre pour intensifier les tournées à Villefranche, mais aussi dans d’autres villes du département, en impliquant les syndicats sur leur champ professionnel », assure Pierrick. Bien entendu, cette semaine ne sera qu’un début : l’Uri a d’ores et déjà prévu de nouvelles actions pour aller à la rencontre des salariés des petites entreprises, à commencer par une soirée d’accueil conviviale ouverte aux adhérents isolés mais également aux salariés de TPE intéressés, début novembre.

nballot@cfdt.fr