À Roubaix, les nouveaux visages et nouvelles pratiques de la CFDT

Publié le 10/02/2015

Forte de ses bons résultats électoraux, la section CFDT qui vient de se créer à la ville de Roubaix entend remettre au goût du jour l’éthique et la transparence.

« Les résultats des élections ont été au-delà de nos espérances ! » Les militants de la toute nouvelle section syndicale de la ville de Roubaix ne cachent pas leur surprise et restent humbles après leur beau succès aux élections professionnelles du 4 décembre 2014. En concurrence avec quatre organisations syndicales – la CGT, FO, la FSU et l’Unsa –, ils ont obtenu 20 % des voix au comité technique. Et ce, alors qu’il n’y avait plus d’équipe CFDT depuis 2003, date de sa bascule à la FSU.

       
   

Un très bon score
Prenant la troisième position, l’équipe CFDT a devancé FO et la FSU, pourtant installés depuis de nombreuses années. La CGT est toujours la première organisation syndicale, mais elle a perdu beaucoup de sièges. En effet, la CFDT est en tête dans les catégories A (3 sièges, détenus auparavant par la CGT, sur 4) et B (2 sièges sur 4). En catégorie C, la CFDT a obtenu 10 % des voix, soit 1 élu sur 8, ce qui constitue un résultat satisfaisant au vu de la présence quasi hégémonique de la CGT depuis 2008.

Des agents mobilisés
Alors que les précédentes élections avaient mobilisé moins de 50 % des agents, le taux de participation est cette fois-ci de 66 % toutes instances confondues. « Cette mobilisation va donner du poids à nos actions », souligne Sébastien Dhaussy, élu au comité technique paritaire (CTP).

La marque du collectif
Représenter tous les agents et ne pas s’engager pour des motifs personnels, tel a été le leitmotiv de la toute jeune équipe syndicale. Transparence, éthique, équité : les candidats ont travaillé ensemble tout au long de la campagne sur des valeurs partagées, qui ont répondu aux attentes des agents.

   

« Des agents apprécient les actions catégorielles menées ces dernières années par les autres organisations syndicales. Mais nous, nous voulons privilégier le collectif, et nous avons bien l’intention de travailler pour tout le monde, toutes catégories confondues », affirme Sébastien Dhaussy, attaché territorial et élu au comité technique, resté paritaire. Aide-soignante, technicienne, assistante, éducatrice de jeunes enfants, agent de maintenance, directeur de service... : ils étaient 48 à se présenter comme candidats, et pour la très grande majorité d’entre eux, c’était une première. « Ça a pris comme un feu d’herbe sèche ! Moi qui suis en fin de parcours syndical, j’ai reçu cette émulation comme un cadeau », s’émeut François Loiseau, ingénieur en chef au service des ressources humaines de la mairie et élu à la commission administrative paritaire (CAP). À la suite du « minicongrès » organisé le 27 janvier dernier avec l’ensemble des adhérents, François vient d’être nommé secrétaire de section.

Un ensemble de valeurs CFDT qui rassemblent

Adhérent de longue date à la CFDT et élu au CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale), François a, comme il le dit lui-même, « fait [son] “coming out” syndical » et proposé aux nombreuses personnes qui venaient le voir de constituer une liste. Lassés du mauvais fonctionnement des instances représentatives du personnel, les agents ayant rejoint cette toute nouvelle équipe trouvent dans la CFDT les valeurs qui les rassemblent. « La qualité du service public passe par la transparence, l’éthique commune, l’équité de traitement pour les usagers comme pour les agents. Or, depuis trop longtemps, les règles de fonctionnement démocratique ne sont plus respectées et, à cause de cela, beaucoup d’agents sont en perte de repères », constate Émilie Lefebvre, candidate non élue.

Désireux de renouveler le paysage syndical, voulant réagir aux changements imposés sans concertation par la nouvelle municipalité qui a basculé à droite en 2014, les candidats ont formé la liste très rapidement, quelques mois à peine avant les élections, grâce au bouche-à-oreille. Ayant largement atteint ses objectifs, avec des élus dans toutes les instances, l’équipe se concentre désormais sur sa structuration afin de répondre le mieux possible aux attentes des agents.

Un bureau représentatif de tous les services de la ville

Le bureau de la section se réunira tous les vendredis en fin d’après-midi. Il a été constitué pour être représentatif de tous les services de la ville. Des adhérents non élus se sont aussi engagés à faire vivre la section, par exemple en vue de multiplier les adhésions. Les échanges se développent avec Interco et l’interprofessionnel. Sans syndicalistes expérimentés hormis François, l’équipe attend beaucoup des formations CFDT. « Ce temps sera nécessaire, nous sommes tout nouveaux, souligne Sylvie Boudry, élue à la CAP. Mais nous nous appuyons sur nos expertises professionnelles, et c’est en les conjuguant que nous avons réussi à travailler en bonne intelligence. »

François, qui se présente comme « un passeur », est convaincu des bienfaits que va offrir l’approche interprofessionnelle de la CFDT : « En participant aux formations de la CFDT, les militants vont s’ouvrir à d’autres points de vue. La crise, les difficultés budgétaires : il est important qu’ils perçoivent que les problématiques auxquels ils font face ne sont pas propres à Roubaix. »

Venant de milieux professionnels différents et engagés dans une démarche d’ouverture, les nouveaux militants et adhérents vont sans nul doute continuer de récolter ce qu’ils ont commencé à semer !

nfigarol@cfdt.fr

   


La ville de Roubaix en quelques chiffres

• Avec 95 000 habitants, Roubaix est la deuxième ville de la région Nord-Pas-de-Calais. Elle compte 14 000 enfants scolarisés. Le taux de chômage y est supérieur à 25 %. Environ 40 % des habitations sont des logements sociaux. Un tiers des habitants survit grâce au RSA et à l’AAH (allocation aux adultes handicapés).

• La ville emploie 1 600 agents, auxquels s’ajoutent 400 emplois de non-titulaires et emplois aidés.