[Vidéo] Opération adhésion chez Amazon

Publié le 16/04/2014

Avec l’envie de décliner la campagne nationale d’adhésion CFDT, 80 militants de l’Artois et du Douaisis se sont lancés, au gré d’une opération de tractage, à l’assaut de l’entreprise américaine sur le site Lauwin-Planque dans le Nord.

« On voudrait mettre un pied dedans. » Sabine Lorente ne cache pas ses ambitions : créer une section syndicale chez Amazon et présenter des candidats aux élections professionnelles de septembre prochain. La secrétaire générale du Syndicat des services et commerce Artois-Douaisis a répondu sans hésitation à la demande de Michel Crépin, le secrétaire général de la CFDT-Artois-Douaisis, qui avait également sollicité le syndicat des transports. Ainsi, le 14 avril, 80 militants des syndicats des services et des transports ont investi le parc d’activités de Lauwin-Planque (59) afin d’entrer en contact avec les centaines de salariés qui travaillent sur ce site. À la disposition des militants, un tract spécifique Amazon, des cartes avec les coordonnées du syndicat et une brochure expliquant à quoi sert la CFDT.

La création de plusieurs sections syndicales

Les entreprises Kiabi Logistique, Simastock, BigBen et surtout Amazon sont installés dans cette zone d’activités. À terme, Amazon pourrait créer jusqu’à 2 500 emplois pendant les pics d’activité tels que les périodes de fêtes. Tous ne seront pas en CDI. Pour l’heure, l’entreprise compte de 250 à 300 salariés.

Sabine Lorente a bon espoir. La dernière opération de ce genre, en 2012, sur la zone commerciale de Noyelles-Godault, a abouti à la création de quatre sections syndicales et à l’adhésion de 150 salariés ! « Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Les gens prennent le temps de nous rencontrer discrètement… Nous sommes très inquiets sur les conditions de travail chez Amazon », avoue la syndicaliste. Le livre dernièrement paru au sujet d’Amazon* et le reportage télé qui s’est ensuivi ont de quoi alimenter ces craintes. Mais le mieux serait d’y être présent pour vérifier ces informations et venir en aide aux salariés.

Entre midi et 14 heures, au changement de service, des salariés sortent tandis que d’autres vont au travail. Deux sur trois sont des intérimaires, mais aucun d’entre eux ne se plaint : « Ça va ! » est la phrase qui revient le plus souvent. En revanche, les intervenants extérieurs se lâchent : « C’est une gestion à l’américaine. Les salariés sont encadrés, surveillés de très près. »

Des emplois pour les chômeurs du Douaisis

« Dans le bassin de Douai, le chômage atteint 15,6 %, souligne Anne-Marie Bouché, secrétaire de l’Union locale de Douai. Ce sont surtout des jeunes et des seniors. » Selon cette militante, « Amazon peut apporter une bouffée d’oxygène pour l’emploi mais l’effet ne se fait pas encore sentir. Il faut veiller à ce que ce ne soit pas uniquement des emplois précaires, et qu’ils profitent aux chômeurs du Douaisis. »

« Je suis très satisfait de cette opération, conclut Michel Crépin. On a réussi à faire travailler ensemble deux syndicats du territoire, les services et les transports. Évidemment, ce n’est pas en une seule fois que l’on parvient à s’implanter ; nous reviendrons le 16 juin et en septembre en vue des élections. »

dblain@cfdt.fr

* En Amazonie – Infiltré dans le « meilleur des mondes », Jean-Baptiste Malet (Fayard). Le reportage vidéo est sur www.francetvinfo.fr