[Vidéo] Dans la Somme, le Syndicat santé-sociaux mise sur la formation

Publié le 02/04/2014

Pour dynamiser ses sections, le Syndicat santé-sociaux de la Somme mise sur la formation, notamment sur un module conçu et animé par la fédération afin d’outiller les collectifs de travail. Nom de code : « Agir dans la section »

Infirmière, aide-soignante, aide médico-psychologique, cuisinier ou maître ouvrier… : la vingtaine de militants CFDT réunis le 18 mars dernier à la Bourse de travail d’Amiens ne se connaissent pas encore tous, mais chacun d’eux fait partie d’une des sections du Syndicat santé-sociaux de la Somme. Certains sont des militants de longue date, d’autres viennent de prendre des responsabilités syndicales et découvrent peu à peu l’univers CFDT. Pendant quatre jours – deux jours en mars puis deux jours en mai –, ils vont avoir l’occasion de faire une pause et de réfléchir, ensemble, à leur pratique syndicale au quotidien. Ils viennent en effet d’accepter la proposition de leur syndicat de suivre une formation baptisée « Agir dans la section ».

Les sept sections représentées chacune par deux ou trois militants vont ainsi apprendre à situer le rôle de la section syndicale au sein de la CFDT, à faire vivre un collectif au quotidien, à définir un projet syndical ou encore à élaborer un plan de travail. « Je suis particulièrement attaché à cette formation conçue et animée par notre fédération car l’action syndicale, pour être efficace, doit être portée par un collectif capable de créer un véritable rapport de force, résume Pierre Coquelin, secrétaire général du Syndicat santé-sociaux samarien. C’est pourquoi nous avons fait le choix d’outiller toutes nos sections qui en éprouvent le besoin. Par expérience, je sais que les militants qui suivent cette formation vont aussi apprendre à se connaître et avoir énormément de plaisir à confronter leurs pratiques pour apprendre les uns des autres. »

En demande d’outils concrets

Caroline est l’exemple même de ces militantes et militants passionnés qui sont en demande d’outils concrets permettant d’avancer avec davantage d’efficacité dans leurs pratiques syndicales. Infirmière dans une structure associative, elle a multiplié les adhésions depuis deux ans et se trouve confrontée à de nouvelles problématiques : « Nous avons remonté une section qui ne vivait plus. Les salariés nous font de nouveau confiance, et nous avons d’excellents retours, mais j’avoue que je me sens parfois seule. Je parviens à créer une dynamique avec les élus, mais j’ai du mal à motiver les adhérents qui n’ont pas de mandat. Je n’arrive pas à faire en sorte qu’ils viennent aux réunions et qu’ils participent à la vie de la section. »

Landry vit une situation analogue. Aide médico-social, il a lui aussi remonté avec quelques collègues une section qui s’essoufflait et se retrouve face à une crise de croissance. « Tout est à construire. Nous devons définir des objectifs, déterminer le rôle de chacun et, surtout, trouver une cohésion de groupe. Aujourd’hui, nous souffrons d’un manque de communication. Chaque élu a tendance à travailler dans son coin. » Danielle, quant à elle, a le sentiment de ne plus réussir « à gérer tout toute seule » et s’inquiète de la relève, alors que son départ à la retraite est imminent. Sa collègue qui l’accompagne opine. Toute nouvelle dans l’organisation, elle a l’impression de ne pas avoir la capacité de poursuivre l’action de Danielle.

Définir la section syndicale

   


Une action qui porte ses fruits

Des collectifs plus autonomes

Améliorer le fonctionnement des sections les rend plus autonomes vis-à-vis du syndicat – qui peut apporter un soutien adapté lorsque cela est nécessaire, mais n’a plus à faire « à la place de ». « C’est un gage d’efficacité pour l’ensemble de l’organisation », insiste Pierre Coquelin, secrétaire général du Syndicat santé-sociaux de la Somme.

Une relève assurée

Le dynamisme d’une section évite que l’action de la CFDT ne repose que sur un ou deux militants particulièrement engagés qui, lorsqu’ils partent à la retraite ou changent d’entreprise, laissent derrière eux un désert syndical. Un collectif ayant l’habitude de débattre est armé pour assurer la relève en cas de besoin. Le lien avec toute l’organisation est alors beaucoup plus solide.

Un sentiment d’appartenance à la CFDT renforcé

Comme toutes les formations CFDT, « Agir dans la section » permet d’outiller les militants dans leur action au quotidien, mais aussi de rencontrer des collègues avec qui partager son engagement. « On se sent moins seul, souligne l’une d’elles ; cela permet de relativiser nos difficultés. Parfois, on se dit même que l’on a de la chance dans notre établissement par rapport à ce que vivent d’autres salariés. »

   

Les deux premiers jours de la formation permettent de faire le point sur toutes ces attentes, de poser un diagnostic de la situation, notamment grâce à un travail sur la représentation qu’a chaque militant de ce que doit être une section syndicale. À tour de rôle, les stagiaires doivent ainsi présenter au groupe leur propre définition de la section syndicale, puis un travail en commun permet de se mettre d’accord sur une définition partagée. Très vite, il apparaît que la notion de section syndicale revêt des représentations assez différentes. Est-ce un collectif qui débat ? Qui défend les salariés ? Qui construit des revendications ? Faut-il insister sur le lien entre les salariés et la section ? Préciser qu’une section fait avant tout partie d’une organisation syndicale ? L’exercice se révèle beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.
« Il n’existe aucune “définition officielle”, souligne l’animatrice et secrétaire fédérale Monique Rivory. L’important est que les groupes réfléchissent à toutes ces notions pour voir ensuite dans quelle direction ils vont être amenés à travailler lorsqu’ils retourneront dans leur établissement. »

Entre les deux sessions de formation, les stagiaires vont en effet approfondir cet état des lieux. Ils repartent avec un questionnaire très précis : combien y a-t-il d’adhérents au sein de la section ? dans quel service sont-ils ? quel est leur profil ? à quelle fréquence se réunit leur section ? ses revendications sont-elles lisibles ? « Les sections ont envie de faire, mais elles ne savent pas par où commencer, souligne Monique. Cette formation leur apporte une méthodologie précise qui va leur permettre de trouver par elles-mêmes les solutions à leurs difficultés. »

Lors de la deuxième session de deux jours, les stagiaires utiliseront tout ce travail pour bâtir, en groupe, une plateforme revendicative et un plan de travail. Ainsi, à l’issue de ce module de formation, chaque section repartira avec un véritable projet pour améliorer le fonctionnement et l’organisation du collectif. « Nous les aidons à bâtir un projet, mais c’est eux qui sont à l’initiative », insiste Monique Rivory.

« Pour être réellement efficace, cette formation doit être suivie par des sections qui ont déjà un minimum de fonctionnement collectif, car une grande partie du travail sera ensuite de mettre en œuvre dans leur établissement la démarche proposée en l’adaptant à leur réalité, insiste Pierre Coquelin. Il ne s’agit surtout pas de leur donner une recette miracle puisque les problématiques sont extrêmement différentes d’une section à l’autre. On peut avoir une section ne fonctionnant qu’autour d’une seule personne qui doit apprendre à déléguer, une section très récente qui a simplement besoin de se structurer ou encore une section dans laquelle les militants sont en conflit car ils ne parviennent pas à déterminer la place de chacun. »
« C’est vraiment une formation structurante qui permet aux sections de gagner en autonomie, conclut Pierre Coquelin. Pour le syndicat, c’est un gage de pérennité de la CFDT dans tous ces établissements. »

jcitron@cfdt.fr

   


Le Syndicat santé-sociaux de la Somme

• Le syndicat attache une grande importance à la formation. Ainsi, l’Ana (Accueil nouvel adhérent) est organisée quatre fois par an et connaît toujours un grand succès.

• Le syndicat compte 35 sections réparties dans tout le département de la Somme. La décision de monter une formation « Agir dans la section » cette année s’explique par le constat partagé d’une certaine fragilité de plusieurs collectifs. Certains tout nouveaux, d’autres, anciens, mais en renouvellement.